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Un site pour avancer ensemble
sur le chemin de la foi
Bienvenue sur ce site internet où la paroisse saint Pierre saint Paul de la Vallée de l’Aisne vous accueille à cœur et à bras ouverts.
Ce cadre qui est le vôtre se veut une opportunité de découvertes, de rencontres et d’échanges en vue de mieux vivre cette fraternité chrétienne qui nous réunit en
une même paroisse. Vous y trouverez des laïcs très engagés pour la mission, disposés à partager leur expérience de l’Amour de Dieu pour les Hommes, à vous
écouter et à vous accompagner sur ce chemin de la foi.Ce site se veut aussi être le prolongement de notre mission grâce à nos activités pastorales, afin que par
tous les moyens, le Christ soit annoncé. Notre désir est d’aller vers toute personne désireuse de vivre l’expérience incommensurable de l’Amour du Christ.
Puissions-nous faire nôtre ce site afin de tirer le maximum de bien-être à travers les richesses de l’Évangile, la joie de la fraternité et le désir de prendre part à nos
activités paroissiales.
Fraternellement, Dieu vous bénisse !
Père Jean Alexis Aguma Asima
texte défilant
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12/08/2026
Une communauté qui aspire à l’unité
Mercredi 12 août 2026
Évangile selon saint Matthieu 18, 15-20
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.
Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »
Prière
Seigneur Jésus, me voici devant toi. Je demeure quelques instants en ta présence et je contemple ta manière d’accueillir ceux que tu rencontres. Tu vois leurs fragilités sans les juger et tu considères leurs fautes sans les enfermer dans leurs erreurs. Je laisse résonner cet appel à regarder mes frères avec le même amour.
Demande
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette ta lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant
à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en donnant que l’on reçoit,
c’est en s’oubliant que l’on se retrouve,
c’est en pardonnant que l’on est pardonné,
c’est en mourant que l’on ressuscite à la vie éternelle. Amen.
(Prière de saint François d’Assise)
Réflexion
- À première vue, cet Évangile peut nous mettre mal à l’aise. Jésus parle de faute, de reproche, de témoins, d’assemblée et même d’exclusion. Pourtant, le but du passage n’est pas la condamnation du pécheur. Dès la première phrase, Jésus indique clairement l’objectif recherché : « S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. » Toute la démarche décrite par Jésus est orientée vers cette finalité. Il ne s’agit pas d’avoir raison contre quelqu’un, mais de réparer une relation brisée.
Cette perspective est importante, car notre premier réflexe est souvent différent. Lorsqu’un conflit surgit, nous sommes tentés soit de nous taire en laissant grandir le ressentiment, soit d’en parler immédiatement à d’autres personnes. Jésus propose un autre chemin. La première étape consiste à rencontrer le frère « seul à seul ». Avant tout jugement public, la parole doit pouvoir être libérée entre les personnes concernées. L’idée n’est pas d’humilier, mais de permettre une prise de conscience puis une réconciliation.
Si cette démarche échoue, Jésus prévoit une seconde étape : « (…) prends en plus avec toi une ou deux personnes (…) ». Cette recommandation s’enracine dans la tradition biblique, car le Deutéronome prévoyait déjà que toute affaire soit réglée grâce à la déposition de plusieurs témoins (cf. Dt 19, 15). Il ne s’agit pas d’abord de réunir un groupe d’accusateurs contre le fautif, mais d’aider à restaurer une relation devenue difficile. - On remarque alors que l’horizon du texte s’élargit. Le conflit n’est plus seulement une affaire privée. Le péché atteint toujours, d’une manière ou d’une autre, la vie de la communauté. C’est pourquoi Jésus évoque finalement « l’assemblée de l’Église ». Nous sommes ici dans l’un des deux seuls passages de l’Évangile selon Matthieu où apparaît le mot grec ekklēsia, c’est-à-dire « Église » (Mt 16, 18 ; 18, 17).
Dans le monde grec, ce terme désignait l’assemblée des citoyens convoqués pour délibérer. Dans la Bible, il sert également à traduire l’assemblée du peuple d’Israël réunie devant Dieu. En l’employant ici, Matthieu souligne que la communauté des disciples reçoit la responsabilité de préserver et de restaurer la communion entre ses membres. - Cette responsabilité est exprimée par les verbes « lier » et « délier » : « tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel ». Dans le judaïsme du temps de Jésus, ces verbes désignaient l’autorité d’interpréter et de prendre des décisions pour la vie de la communauté. Pierre a été le premier à se voir confier cette charge : « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » (Mt 16, 19)
Puis, dans notre passage, cette charge est confiée à l’ensemble de la communauté des disciples. Cette responsabilité confiée à l’ensemble de la communauté rejoint une intuition chère au pape François lorsqu’il encourageait l’Église à être plus synodale. Face aux difficultés et aux divisions, tous sont invités à marcher ensemble, à s’écouter mutuellement et à prendre leur part dans la recherche de la communion. L’unité de l’Église n’est pas l’affaire de quelques-uns ; elle est une mission confiée à tous ! - Les derniers versets permettent d’approfondir encore cette idée. Jésus passe du conflit à la prière commune : « (…) si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront (…) ». Il serait réducteur de ne lire ce verset que comme une promesse générale sur l’efficacité de la prière. Car, dans son contexte, il concerne d’abord une communauté appelée à chercher ensemble la volonté de Dieu. Lorsque des croyants prennent le temps de se tourner ensemble vers le Père et de formuler une demande commune, ils manifestent déjà leur désir de rechercher ensemble la volonté de Dieu. L’accord auquel ils parviennent devient alors le signe d’une communion retrouvée et d’une ouverture à l’action de Dieu.
L’Évangile s’achève par une parole bien connue : « (…) quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux ». Jésus accompagne les petites communautés, les rencontres discrètes, les dialogues parfois difficiles où l’on cherche sincèrement la vérité et la réconciliation. Ainsi, la correction fraternelle n’est pas d’abord « une méthode » pour résoudre les conflits. Elle devient l’occasion de faire l’expérience de la présence du Christ au cœur même des relations humaines.
Le fil conducteur de tout ce passage est donc la communion. Jésus invite ses disciples à ne pas se résigner face aux tensions et aux désaccords. Lorsque survient une rupture, nous sommes invités à ne pas nous laisser gagner par l’indifférence ou la condamnation. Jésus nous accompagne dans le patient travail de la réconciliation ; il promet d’être au milieu de nous.
Dialogue avec le Christ
Seigneur Jésus, il m’est parfois plus facile de juger, de me taire ou de m’éloigner que de chercher la réconciliation. Je repense aux relations qui me coûtent, aux blessures que je porte et à celles que j’ai pu provoquer. Apprends-moi à ne pas m’éloigner de mes frères lorsque des tensions surgissent. Donne-moi un cœur capable de vérité, mais aussi de patience et de miséricorde.
Résolution
Aujourd’hui, je choisirai le dialogue plutôt que de nourrir un jugement ou une critique intérieure.
11/08/2026
Respect et souci des petits
Mardi 11 août 2026
Évangile selon saint Matthieu 18, 1-5.10.12-14
Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d’eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c’est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. Et celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon nom, c’est moi qu’il accueille. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.
Que pensez-vous de ceci ? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? Et, s’il parvient à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »
Prière
Jésus, je suis en ta présence et je veux t’adorer et t’ouvrir tout mon cœur pour que tu y demeures. Je sais que tu es là et que tu m’aimes comme je suis. Je veux te laisser entrer davantage dans ma vie en te donnant tout ce que je suis. Je t’aime.
Demande
Jésus, laisse-moi découvrir avec quel amour tu me regardes et permets-moi d’expérimenter combien j’ai besoin de toi, car tant que je ne l’aurai pas vécu je ne pourrai m’abandonner entre tes bras, comme un tout petit enfant. Chasse l’orgueil de mon cœur et installes-y ton humilité, pour que je vive comme toi tu as vécu.
Réflexion
- On peut se demander pourquoi Jésus manifeste cette prédilection pour les petits. Plus on grandit plus on se sent fort, et plus on est intéressé à ce que les autres nous admirent ou du moins nous respectent. On oublie le regard que Dieu pose sur nous. Comment nous voit Dieu ? Comme des petits enfants. Qu’avons-nous, que nous n’ayons reçu de Dieu, comme un enfant reçoit tout de ses parents ? Tout ce que je suis, je le dois à Dieu. Je dépends de lui comme un nouveau-né de sa maman. La seule différence entre ce nouveau-né et moi, c’est que, trop souvent, j’agis comme si je n’avais pas besoin de Dieu. Ma vie n’a rien à voir avec Dieu ou pas entièrement.
C’est une chose de prier de temps en temps comme un « bon chrétien », mais c’en est une autre de vivre chaque action de ma journée en sa présence, transformant chaque jour en une véritable prière. Je ne peux le faire que si je me reconnais petite créature, totalement dépendante de son Créateur. Vivre avec cette attitude, c’est vivre ce que je suis en vérité, puisque je ne suis jamais davantage moi-même que lorsque j’agis en fonction de ce que je suis aux yeux de Dieu : son petit enfant bien-aimé. - Pour souligner davantage cette vérité, Jésus nous dit que celui qui accueille un petit enfant par amour pour lui, l’accueille. Non seulement il nous demande de devenir comme des petits enfants, mais comme si ce n’était pas suffisant, il nous assure qu’il est présent d’une manière spéciale dans tout ce qui est petit. Quand on regarde la vie de Jésus, on voit bien sa prédilection pour tout ce qui est pauvre, caché, rejeté des hommes et méprisé : sa naissance dans une crèche, sa vie cachée à Nazareth, son amour pour les pécheurs et les malades, sa mort semblable à celle d’un esclave ou d’un criminel…
Lui, le Fils de Dieu s’est infiniment abaissé en assumant notre condition humaine dans tout ce qu’elle a de pauvre, de limité, de vulnérable. Il a agi de la sorte, ceci correspondait le plus à son amour pour nous : se dépouiller de toute sa gloire divine, pour se remplir de l’objet de son amour : chacun d’entre nous. Là où il y a dépouillement, il y a amour. Là où il y a humilité, il y a amour. C’est pour cela que celui qui accueille le tout petit, l’homme humilié, accueille le Christ, le véritable tout petit et profondément humilié par amour.
Mépriser mon prochain quand je suis face à une de ses souffrances ou de ses limites, quand je suis témoin d’un de ses défauts ou d’une de ses chutes, c’est mépriser le Christ, qui a assumé toute notre humanité dans sa totalité. Si Dieu porte un regard d’amour sur chacun d’entre nous et à chaque instant, ne dois-je pas en faire autant ? Jésus a accueilli la pécheresse, le pharisien, le publicain, le renégat et le malade avec amour, et moi je voudrais les juger et les rejeter ? Dieu m’a-t-il une seule fois traité avec mépris, rejet ou indifférence ?
Dialogue avec le Christ
Mon doux Jésus, combien je voudrais te remercier de m’avoir autant aimé au travers de ton humilité. Tu as fait tien tout ce qui est mien pour que je ne me sente jamais seul et jamais jugé par toi. Qui mieux que toi peut comprendre l’humiliation, la petitesse, la souffrance humaine et l’abandon. Tu as vécu tout cela et, plus encore, tu l’as choisi pour le vivre avec moi. Je veux vivre davantage les moments difficiles de ma journée en union avec toi, par gratitude pour tout ce que tu as fait pour moi.
Résolution
Chercher à regarder avec amour une personne avec qui j’ai du mal à m’entendre et faire un acte de charité envers elle.
10/08/2026
Le grain qui porte du fruit
Lundi 10 août 2026
Évangile selon saint Jean 12, 24-26
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »
Prière
« Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom, donne la gloire, pour ton amour et ta vérité. (…) Notre Dieu, il est au ciel ; tout ce qu’il veut, il le fait. Leurs idoles : or et argent, ouvrages de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas, des narines et ne sentent pas. Leurs mains ne peuvent toucher, leurs pieds ne peuvent marcher, pas un son ne sort de leur gosier ! Qu’ils deviennent comme elles, tous ceux qui les font, ceux qui mettent leur foi en elles. » (Ps 113B, 1.3-8)
Demande
Donne-moi, Seigneur Jésus, un amour ardent du Père et de tout ce qu’il aime, afin que je me consume avec toi, dans le Saint-Esprit, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
Réflexion
- Nous célébrons aujourd’hui la vertu héroïque du diacre saint Laurent et la gloire de Dieu manifestée en lui. Il a entièrement donné sa vie à la suite du Christ et au service de l’Église de Rome. Notamment, il s’est occupé des pauvres, véritable trésor de l’Église et, par amour, il a livré son corps aux supplices imposés par la condamnation. Il fut mis à mort par le feu. Quelle admirable œuvre de la grâce ! Sa vie n’est-elle pas, tout entière, un reflet de la magnificence de Dieu ?
On serait cependant tenté de s’arrêter à l’emballage temporel de la vie et des péripéties de ce saint et d’oublier la source et la fin de son martyrion (témoignage) : l’œuvre de rédemption accomplie par le Christ. La seule admiration de la carcasse humaine (sa story), aussi louable soit-elle, se perdrait alors comme la paille balayée par le vent, et virerait à l’idolâtrie. Nous voulons ici considérer le grain de blé : la compassion qui a conduit le Père à offrir son Fils à la malice de notre péché, pour en défaire la forteresse. - Notre exercice, notre prière, s’ouvre à la voie de la grâce, l’œuvre gratuite de Dieu. Le grain fécond, qui meurt, se voit éclore en germe et prolonger les pousses au-dessus de la terre, est destiné à produire des fruits en abondance. Ce dynamisme serait-il pensable s’il n’y avait pas ce travail et en-dessous de la terre, les racines poussant vers les profondeurs de l’Esprit, principe et fin de toute la création ?
Et cette vitalité naît et se réalise dans le dialogue intime avec Jésus-Christ. Sa parole, l’Évangile que nous venons de lire, n’est pas un texte de littérature de l’antiquité, mais une parole vivante qu’il nous adresse aujourd’hui. Alors que l’on ne dise pas qu’il ne nous parle pas, que nous ne pouvons pas l’entendre… Et de ma vie, quelle réponse vais-je donner ? - « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive. »
Ici, le Christ énonce concrètement un itinéraire spirituel. C’est l’attitude d’une âme illuminée par la foi théologale et mue par les vertus qu’elle entraîne, pour se traduire en actions concrètes : servir tout en renonçant à ses propres ambitions. Il faut « réfléchir avant d’agir », pour ne pas supplanter la grâce. Réfléchir la lumière de Dieu, non sa propre lumière.
Et c’est précisément ici que la relation avec le Christ devient vivante : « là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur » et « mon Père l’honorera ». Cette intimité d’âme avec le Christ donne la liberté par rapport aux attachements de la vie temporelle : « qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle ». L’amitié, expression concrète de l’amour, est le plus grand trésor et il n’a pas de fin : il est éternel. Le confort et l’insouciance sont éphémères, les talents et les compétences passeront. « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. » (1 Co 13, 13)
Dialogue avec le Christ
Jésus-Christ, Maître et Ami, divin Époux de notre Église, par toi, louange et gloire au Père, avec toi et en toi, communion du Saint-Esprit qui nous fait renaître fils et filles du Père. Bon Pasteur, je veux te suivre et te servir, là où tu m’appelles, pour passer dès à présent de la temporalité à l’éternité, sans regarder en arrière dans la mort.
Résolution
Aujourd’hui, je veux être généreux avec mon temps : en famille, au travail, dans le voisinage. Un service, une écoute, une attention…
09/08/2026
Le pas de la confiance
Dimanche 9 août 2026
Évangile selon saint Matthieu 14, 22-33
Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. »
Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Prière
Seigneur, je crois fermement en toi. Je crois que tu es présent ici, à côté de moi, au moment où je me mets en ta présence. J’espère en toi. J’espère en ta vie éternelle. J’ai confiance que tu vas me guider aujourd’hui vers cette vie éternelle. Ô Seigneur, je t’aime. Par-dessus toute chose. Plus que moi-même. Mais augmente en moi cet amour. Donne-moi de n’aimer que toi, et d’aimer tes créatures parce que toi tu les aimes.
Demande
Seigneur, augmente en moi la foi !
Réflexion
- Cet Évangile est puissant, c’est un texte qui parle à de nombreuses personnes. Qui ne s’est jamais reconnu en saint Pierre, qui voit Jésus au loin et se sent attiré vers lui ? Qui n’a jamais désiré la sainteté, vivre seulement pour Dieu comme les saints que l’on admire, comme les hommes et les femmes de Dieu que l’on côtoie ? Et, en même temps, qui ne s’est pas senti profondément indigne, entravé par la peur, par le péché qui nous retiennent bien loin de Dieu ?
Saint Pierre qui marche sur les eaux est le premier à avoir vécu cette expérience si commune de la vie chrétienne : le mélange entre le désir de Dieu et la peur du renoncement, entre l’envie d’être saint et la difficulté d’abandonner le péché. L’Évangile d’aujourd’hui est pour nous tous qui connaissons ce combat intérieur. - Que nous répond Jésus ? « Viens ! » Cette invitation du Christ est peut-être la phrase fondamentale de l’Évangile. Pierre veut suivre le Christ, mais sait pertinemment qu’il n’y arrivera pas seul. Il a déjà fait l’expérience de la pauvreté de sa foi et il n’a pas le pouvoir de marcher sur les eaux. Mais il a aussi fait l’expérience que le Christ est puissant, très puissant. Voilà pourquoi c’est Jésus qui l’appelle.
Nous avons besoin de l’appel de Jésus pour nous mettre en marche, pour faire le pas qui nous manque dans notre vie spirituelle. « Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire », dira Jésus lors de la dernière Cène (Jn 6, 44). Et pour qu’il nous attire, il suffit de le lui demander : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Ou bien, traduit à notre réalité : « Seigneur, si c’est toi, fais de moi un saint ; fais-moi sortir de ce péché ; donne-moi l’envie de te choisir… » - « Pourquoi as-tu douté ? »
Une fois que nous commençons à suivre le Christ, le manque de foi est peut-être le principal obstacle que nous rencontrons. Le péché et nos défauts – que nous essayons d’éradiquer depuis des années – ne sont pas le principal problème. Jésus est capable de nous faire marcher sur les eaux, il est capable de nous rendre saints malgré notre imperfection et nos faiblesses.
Mais il y a une condition indispensable : renouveler continuellement notre foi en lui. Il est tellement facile de poser nos yeux sur la force du vent, les tempêtes de nos passions, de nos fautes, des circonstances accablantes de notre vie. Et lorsque nous arrêtons de regarder le Christ qui nous dit « viens ! », alors nous coulons. Paradoxalement, moins nous regardons nos péchés et nos fautes, moins ils sont un obstacle à notre sainteté. Parce que le Christ est plus fort que tous nos péchés. Mais il faut avoir la foi !
Dialogue avec le Christ
Seigneur Jésus, je renouvelle aujourd’hui ma foi en toi. Appelle-moi ! Fais-moi venir à toi ! Mes péchés me submergent, ma vie est compliquée, mais toi tu as le pouvoir de me faire marcher au-dessus de tout cela pour parvenir jusqu’à toi. Je crois, Seigneur, viens en aide à mon peu de foi ! Aide-moi à prendre les décisions qui sont nécessaires aujourd’hui pour te suivre. Que mon péché et mes défauts ne me fassent pas peur, car tu es l’unique bien de ma vie.
Résolution
Aujourd’hui je prendrai la décision de suivre le Christ dans un aspect de ma vie que je n’ose pas vivre.
08/08/2026
Samedi 8 août 2026
Évangile selon saint Matthieu 17, 14-20
En ce temps-là, un homme s’approcha de Jésus, et tombant à ses genoux, il dit : « Seigneur, prends pitié de mon fils. Il est épileptique et il souffre beaucoup. Souvent il tombe dans le feu et, souvent aussi, dans l’eau. Je l’ai amené à tes disciples, mais ils n’ont pas pu le guérir. » Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. » Jésus menaça le démon, et il sortit de lui. À l’heure même, l’enfant fut guéri. Alors les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent en particulier : « Pour quelle raison est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? » Jésus leur répond : « En raison de votre peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : “Transporte-toi d’ici jusque là-bas”, et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible. »
Prière
« Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge. J’ai dit au Seigneur : Tu es mon Dieu ! Je n’ai pas d’autre bonheur que toi. Toutes les idoles du pays, ces dieux que j’aimais, ne cessent d’étendre leurs ravages, et l’on se rue à leur suite. Je n’irai pas leur offrir le sang des sacrifices ; leur nom ne viendra pas sur mes lèvres ! Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort. La part qui me revient fait mes délices ; j’ai même le plus bel héritage ! Je bénis le Seigneur qui me conseille : même la nuit mon cœur m’avertit. Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable. Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance : tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption. Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie ! À ta droite, éternité de délices ! » (Ps 15)
Demande
Seigneur Jésus, dans ma faiblesse, je veux m’appuyer sur toi. Augmente en moi la foi.
Réflexion
- « Seigneur, prends pitié de mon fils. Il est épileptique et il souffre beaucoup. Souvent il tombe dans le feu et, souvent aussi, dans l’eau. »
Comment ne pas être ému en écoutant la supplication de ce père pour son enfant ! Nous ne sommes peut-être pas épileptiques mais combien de fois, à cause de notre faiblesse humaine, nous tombons et nous avons besoin d’aide pour nous relever. Nous ne tombons pas dans le feu et l’eau mais parfois nous tombons dans le mal et le péché. Parfois, nous n’arrivons pas à faire le bien que nous nous sentons appelés à accomplir. Le Christ s’arrête sur son chemin pour accueillir cet homme, pour l’écouter et pour lui montrer toute sa tendresse et son attention concernant son fils. Il nous accueille aussi dans sa tendresse chaque fois que nous nous tournons vers lui pour lui adresser notre supplication.
Seigneur, dans ma faiblesse viens à mon secours. Viens me relever, viens me guérir ! - « Jésus menaça le démon, et il sortit de lui. À l’heure même, l’enfant fut guéri. »
Par cette guérison, le Christ nous montre la toute-puissance de son amour pour nous. Même si cette victoire sur le mal n’est pas toujours instantanée, nous pouvons être certains d’une chose. Un jour, le Christ mènera à bien et de manière définitive sa victoire sur le mal, la mort, le péché en nous. Gardons donc l’espérance et persévérons dans notre combat.
Seigneur, viens remporter ta victoire en moi ! - « Pour quelle raison est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? Jésus leur répond : En raison de votre peu de foi. »
Nous sentons bien une certaine frustration dans les paroles du Christ dans l’Évangile d’aujourd’hui. Elle exprime une certaine hâte que nous soyons davantage humbles et que nous reconnaissions que nous avons besoin du Seigneur pour faire face aux épreuves et aux difficultés de notre vie.
Dans l’Évangile de saint Jean, le Seigneur nous dit : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15, 5)
Est-ce que je crois vraiment que sans Jésus je ne peux rien faire ? Est-ce que je demande l’aide du Seigneur ou est-ce que je cherche trop souvent à gérer ma vie sans lui ? Le Seigneur nous invite donc à grandir dans notre foi afin que nous l’invitions davantage à faire partie de nos choix, de nos décisions et de nos combats au quotidien.
Dialogue avec le Christ
Seigneur Jésus, comme l’enfant épileptique, j’ai des moments de faiblesse et de fragilité. Je tombe. Viens à mon secours pour me relever et me guérir. Viens me fortifier. Je sais que tu es tout-puissant contre le mal et le péché et que j’ai besoin de toi pour remporter la victoire. Augmente en moi la foi pour que je puisse m’appuyer davantage sur ta force au quotidien. Sans toi, je ne peux rien faire. Je te remercie, Seigneur, parce que je sais que tu écoutes ma prière avec la même tendresse que tu as accueilli ce père dans l’Évangile aujourd’hui.
Résolution
Élever vers le Seigneur une supplication avec foi et confiance dans ma prière aujourd’hui. N’y a-t-il pas un besoin, une peine, une épreuve, une difficulté que je puisse lui confier comme le père dans l’Évangile d’aujourd’hui ?
07/08/2026
La gloire et la croix
Vendredi 7 août 2026
Évangile selon saint Matthieu 16, 24-28
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir dans son Règne. »
Prière
Jésus, je me tourne vers toi en ce jour, toi la source de la sagesse. Ouvre les oreilles de mon cœur pour accueillir ta Parole.
Demande
Que mes pensées soient tes pensées, mon Dieu. Que tes chemins soient mes chemins !
Réflexion
- Il est peut être utile de rappeler dans quel contexte prend place l’enseignement de Jésus que nous venons d’entendre, afin d’en saisir le sens. Dans le passage d’Évangile qui précède, l’évangéliste Matthieu rapporte la réaction de Pierre face à l’annonce de la Passion de Jésus. Pierre s’est opposé fermement à l’idée que son maître devrait souffrir. La réaction de Jésus n’a pas été moins ferme que celle de Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »
Ainsi, dans les versets qui nous occupent aujourd’hui, Jésus va rendre compte de ses paroles. Il va expliquer en quoi consistent les pensées de Dieu qui sont si éloignées de nos manières de penser, comme le prophète Isaïe s’est plu – longtemps avant Jésus – à le dire : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, oracle du Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. » (Is 55, 8-9) - L’enseignement de Jésus concerne la condition du chrétien qui est disciple du Christ crucifié et ressuscité. La croix apparaît au cœur de l’argumentation. Cette croix, qui décore nos murs et que l’on porte autour du cou, constitue le cœur de la foi chrétienne. Il s’agit de lui donner toute sa place, mais pas trop non plus, au risque de verser dans le dolorisme. Ce qui apparaît fondamental ici, c’est que l’on n’est pas disciple de Jésus « pour souffrir » sans plus. Tout homme, indépendamment de ses croyances, est soumis à la souffrance, mais le disciple de Jésus est invité à embrasser sa croix « à cause de » Jésus, ce qui revient à dire « pour » Jésus ou « avec » lui.
Il n’est pas question d’aimer ou de rechercher la croix pour elle-même, mais d’abord d’aimer quelqu’un, le Christ, et de le chercher, lui. Jésus nous met en garde afin que nous ne restions pas focalisés sur la croix comme Pierre l’a été. La souffrance ne sauve pas. C’est le Christ, par amour, qui nous sauve et lui seul. La croix qui peut venir n’est pas une fin en soi, mais un chemin qu’il faut parfois emprunter pour entrer dans le Royaume. Pour la génération de chrétiens à qui l’Évangile de Matthieu était en premier lieu adressé, la persécution était malheureusement monnaie courante.
L’enseignement de Jésus vise à leur rappeler que, même s’ils perdent leur vie à cause de leur foi en Jésus, Jésus lui-même, dans la gloire du Père, leur rendra selon leur conduite, c’est-à-dire leur rendra cette vie qu’ils ont offerte par fidélité envers lui. Voilà l’espérance chrétienne : la suite du Christ, même si elle nous entraîne sur un chemin de croix, conduit à la résurrection. Car il est bien question de gloire dans ce texte ! - L’enseignement se termine par une mystérieuse parole : « Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir dans son Règne. » Les biblistes n’ont pas d’explication facile quant à la signification de ce verset. Sans doute, l’évangéliste Matthieu fait-il allusion au retour du Christ en gloire que les premières communautés chrétiennes croyaient imminent. Rappelons-nous que, pour saint Paul aussi, la venue du Fils et sa manifestation au monde était attendue pour tout de suite. Pourtant, nous l’attendons toujours nous-mêmes. Deux mille ans n’ont pas suffi à le faire revenir. Cette longue attente d’une manifestation en gloire de Jésus et de son Royaume s’est muée en l’objet de notre espérance. Il ne s’agit pas de désespérer, comme si la promesse tardait à se réaliser. Ne confondons pas l’espoir avec l’espérance :
« Bien-aimés, il est une chose qui ne doit pas vous échapper : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. » (2 P 3, 8-9)
L’espérance est une vertu théologale qui nous introduit dès maintenant dans la vie de Dieu. Ainsi, l’espérance du Royaume à venir est-elle une manifestation de la patience divine qui nous donne chaque jour l’occasion de nous convertir et de mieux le suivre.
Dialogue avec le Christ
Apprends-moi à être patient, mon Dieu. Apprends-moi ce qu’est l’espérance joyeuse. Merci pour le don de la vie chrétienne qui me permet de vivre dès maintenant avec toi et en toi.
Résolution
Aujourd’hui, chercher à vivre en témoin de l’espérance qui m’anime en consolant ou en encourageant ceux que je rencontre et qui sont en manque de cette espérance.