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Un site pour avancer ensemble
sur le chemin de la foi
Bienvenue sur ce site internet où la paroisse saint Pierre saint Paul de la Vallée de l’Aisne vous accueille à cœur et à bras ouverts.
Ce cadre qui est le vôtre se veut une opportunité de découvertes, de rencontres et d’échanges en vue de mieux vivre cette fraternité chrétienne qui nous réunit en une même paroisse.
Vous y trouverez des laïcs très engagés pour la mission, disposés à partager leur expérience de l’Amour de Dieu pour les Hommes, à vous écouter et à vous accompagner sur ce chemin de la foi.
Ce site se veut aussi être le prolongement de notre mission grâce à nos activités pastorales, afin que par tous les moyens, le Christ soit annoncé.
Notre désir est d’aller vers toute personne désireuse de vivre l’expérience incommensurable de l’Amour du Christ.
Puissions-nous faire nôtre ce site afin de tirer le maximum de bien-être à travers les richesses de l’Évangile, la joie de la fraternité et le désir de prendre part à nos activités paroissiales.
Fraternellement,
Dieu vous bénisse !
Père Jean Alexis Aguma Asima
texte défilant
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02/04/2026
« Il les aima jusqu’au bout »
Jeudi 2 avril 2026
Évangile selon saint Jean 13, 1-15
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »
Prière
Je prends le temps de faire un signe de croix plein de sens : au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Je consacre une minute de silence pour prendre conscience de ce que je vais faire pendant ces quelques instants : entrer dans un dialogue d’amour avec mon Sauveur.
Demande
Quelle autre demande te faire, Seigneur, un jour comme celui-ci, que celle de pouvoir t’accompagner dans ta Passion. Au milieu d’une journée qui peut sembler aux yeux du monde si ordinaire et routinière !
Réflexion
- « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. »
Ne nous lassons pas d’écouter cette vérité évangélique. Savourons-la. Et, s’il le faut, arrêtons-nous quelques instants, dans le silence de notre cœur, sur ces paroles : « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. »
Qui sont les « siens » aujourd’hui ? Si nous sommes dans le métro, dans les embouteillages ou si notre tête est pleine de rencontres – aussi anonymes soient-elles – levons les yeux vers toutes ces personnes. Ne passons pas indifférents à côté d’elles : Jésus les aima et il les aima jusqu’au bout… aujourd’hui.
Qu’a-t-il accompli pour les aimer jusqu’au bout ? « L’amour rend semblable, il crée une égalité, il abat les murs et les distances. C’est ce qu’a fait Dieu pour nous (…). Il le fait pour être au milieu des gens, de ceux qui ont besoin du pardon, pour être au milieu de nous, qui sommes pécheurs et pour se charger du poids de nos péchés. » (Pape François, Message pour le carême 2014).
Jésus-Christ a aimé les siens. Il m’a aimé. Les jours que nous allons vivre nous le prouvent. La liturgie des jours saints fait mémoire et actualise cette vérité. Seigneur, donne « aux tiens » la grâce de se savoir aimés par toi. - « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. »
Dans de nombreuses églises, lors de la cérémonie du Jeudi Saint, quelques membres de l’assemblée se font symboliquement laver les pieds par leur curé. Ce geste est fort et nous aide à faire nôtre la vérité liturgique du Jeudi Saint, lue dans l’Évangile. Remontons, nous aussi, dans le temps, de manière spirituelle, et mettons-nous « dans les chaussures » d’un des apôtres. Laissons notre regard croiser celui de Jésus. Quelle serait notre réaction face à ce dénuement, à cette pauvreté de Jésus à mes pieds !
Ces actes concrets de Jésus « nous disent avant tout quel est le style de Dieu. Dieu se révèle par les moyens de la faiblesse et de la pauvreté (…). Le Christ, le Fils éternel de Dieu, qui est l’égal du Père en puissance et en gloire, s’est fait pauvre ; il est descendu parmi nous, il s’est fait proche de chacun de nous, il s’est dépouillé, vidé, pour nous devenir semblable en tout »( …) « Le chrétien – qui a fait l’expérience de cet amour – est appelé à porter en tout lieu cette annonce libératrice, selon laquelle le pardon pour le mal commis existe, selon laquelle Dieu est plus grand que notre péché et qu’il nous aime gratuitement, toujours et selon laquelle nous sommes faits pour la communion et pour la vie éternelle. Le Seigneur nous invite à être des hérauts joyeux de ce message de miséricorde et d’espérance. » (ibid.)
Dialogue avec le Christ
« L’amour désire être proche du bien-aimé ». Je voudrais aujourd’hui être proche de toi, t’accompagner, comprendre la profondeur de ton amour pour chacune de tes créatures. Donne-moi cette grâce, Seigneur !
Résolution
Aujourd’hui, je trouverai un espace dans mon emploi du temps pour accompagner le Seigneur et vivre la cérémonie du Jeudi Saint avec le lavement des pieds.
01/04/2026
Quand la lumière rencontre l’ombre
Mercredi 1er avril 2026
Évangile selon saint Matthieu 26, 14-25
En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer. Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez untel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque. Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.
Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! »
Prière
Jésus, me voici devant toi tout simplement dans le silence, rien n’est plus important pour moi que d’habiter en ta présence.
Demande
Nous aurions tant désiré que ce passage d’Évangile n’existe pas. Nous aurions tant aimé que Judas ne trahisse pas son maître. À chaque fois que nous lisons ce qui est arrivé au cours de la Cène, nous sommes démunis. Nous n’arrivons pas à comprendre ce qui s’est passé dans le cœur de Judas.
Et pourtant, il nous arrive pourtant bien des fois de trahir Jésus également. Que cette méditation nous aide à changer nos cœurs en promettant d’être toujours plus fidèles à nos engagements du baptême.
Réflexion
- « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? »
Judas n’a pas trahi sous la torture. Il a simplement négocié trente pièces d’argent : le prix d’un esclave, une somme dérisoire au regard de la personne qui est livrée. Ce détail est bouleversant. Il révèle que la trahison naît dans un cœur qui a cessé d’espérer, qui calcule au lieu de faire confiance.
Judas a suivi Jésus, écouté ses paroles, vu ses miracles. Et pourtant, quelque chose s’est refermé en lui. Peut-être Jésus ne correspondait-il plus à ce qu’il attendait : un Messie puissant, efficace, victorieux selon les critères du monde. Peut-être voulait-il bénéficier d’une place particulière dans le cœur du Maître ? Déçu, Judas choisit une autre logique, celle du profit.
Le début du Triduum Pascal nous confronte à cette vérité inconfortable : on peut être proche de Jésus extérieurement, tout en s’en éloignant intérieurement. La trahison n’est pas toujours spectaculaire. Elle peut être discrète et insidieuse.
Et moi, qu’est-ce que je négocie avec Dieu au lieu de lui faire confiance ? Y a-t-il en moi des déceptions non reconnues qui m’éloignent silencieusement du Christ ? Pour quoi, pour qui, suis-je tenté de « livrer » ma fidélité à l’Évangile ? - « Serait-ce moi, Seigneur ? »
Au cours du repas du Jeudi Saint, Jésus ne dénonce pas Judas publiquement, il ne l’exclut pas de la table. Il annonce la vérité, mais sans violence, laissant à chacun la liberté de se reconnaître ou non dans ses paroles. Les disciples sont bouleversés et demandent : « Serait-ce moi, Seigneur ? »
Cette question est capitale. Elle marque une différence profonde entre Judas et les autres. En posant cette question, les disciples ne se pensent pas incapables de trahir, tant ils connaissent leur fragilité. Ils osent poser la question, non pour se justifier, mais pour se laisser éclairer.
Durant ces trois prochains jours, laissons-nous entrer dans cette humilité qui accepte de ne pas être sûr de soi. Avant la Passion, avant la croix, il y a cette table où la vérité est dite dans l’amour. Jésus sait ce qu’il va lui arriver, et pourtant il continue à partager le pain. Il ne retire pas le don de sa personne. Le Christ choisit d’aimer jusqu’au bout, même quand cet amour n’est pas accueilli. La trahison ne le détourne pas de sa mission ; elle en fait mystérieusement partie.
Et moi, ai-je le courage de demander sincèrement : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Comment est-ce que j’accueille la vérité lorsqu’elle me dérange ? Est-ce que je crois que Jésus continue de m’inviter à sa table, même quand je suis fragile ou infidèle ? - « Malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! »
Judas agit librement. Le mystère de la Passion se situe précisément dans cette bivalence parfois difficile à assumer : le projet d’amour de Dieu et la liberté de l’homme, capable du pire comme du meilleur.
Lorsque Judas demande : « Rabbi, serait-ce moi ? », Jésus répond simplement : « C’est toi-même qui l’as dit ! » Pas de condamnation, pas de menace. Une parole qui laisse ouverte, jusqu’au bout, la possibilité d’un retournement du cœur. Judas aurait encore pu choisir autrement.
En entrant dans le Triduum Pascal, nous sommes invités à contempler cet amour qui ne force pas, qui respecte jusqu’au bout, et qui va jusqu’à la croix sans jamais cesser d’aimer. Et moi, comment est-ce que je vis ma liberté devant Dieu : comme une peur d’être jugé ou comme un lieu de confiance ? Est-ce que je crois que l’amour du Christ me rejoint même dans mes choix les plus ambigus ? Que suis-je prêt à lui remettre, en ce début du Triduum, pour entrer avec lui dans le passage vers la vie ?
Dialogue avec le Christ
Malgré mes imperfections, mes faiblesses et mes trahisons, je comprends, Seigneur, que ton amour est plus fort que tout. À chacune de mes chutes, tu es là pour me relever. Pendant ces trois jours qui viennent, je serai à tes côtés pour vivre cette Passion qui nous mène à la vie éternelle.
Résolution
Je fais tout mon possible pour assister aux célébrations du Triduum pascal dans ma paroisse, sinon par des temps de prière à la maison. Que je vive ces jours saints dans le détachement et la sobriété.
31/03/2026
« L’un de vous me livrera »
Mardi 31 mars 2026
Évangile selon saint Jean 13, 21-33.36-38
En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. » Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit.
Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. » Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. »
Prière
Seigneur, nous sommes entrés avec toi dans cette Semaine Sainte. Accorde-nous la grâce de faire silence, pour te suivre pas à pas dans ta Passion. Ta sagesse me dépasse complètement. Fais que je me tourne vers toi et que je me laisse instruire.
Demande
Accorde-moi la grâce de suivre avec le cœur tous tes faits et gestes, tes paroles et tes silences pendant ces jours saints. Ouvre mon cœur pour voir jusqu’où tu es allé par amour pour moi. Fais que je reçoive ton amour, que je l’accepte, que je me laisse toucher au plus profond de mon âme. Que ta sagesse transforme intérieurement mes jugements, mes critères, mes décisions.
Réflexion
- « [Jésus] fut bouleversé en son esprit. »
L’Évangile d’aujourd’hui est long et parle de lui-même. Je peux simplement le relire et m’arrêter où l’Esprit me parle. (Voici les trois points sur lesquels je me suis arrêtée.)
Jésus « fut bouleversé en son esprit ». Il a réuni ses amis pour un dernier au revoir. Il est troublé, il est ému. Lui seul sait que c’est le dernier repas avec ses amis. Lui seul sait qu’il va vers sa mort, qu’il va se livrer lui-même par amour pour sauver les hommes. Il est ébranlé par ce moment solennel, tendu, plein d’affection.
Il est aussi bouleversé par la trahison d’un ami ; il l’a choisi, il l’a élu pour être son disciple, son ami intime et il sait que c’est lui qui va le trahir. Jésus ne cesse de l’aimer, car ses dons sont éternels, il ne retire pas son amour. Il a le cœur blessé.
Je demande à l’Esprit Saint de me laisser toucher par cette scène, de me laisser émouvoir avec Jésus, de me laisser troubler, moi aussi, par mes propres trahisons, mes petites ou grandes infidélités envers lui. - « Petits enfants (…) »
Cette expression est d’une grande tendresse dans la bouche de Jésus, à ce moment précis. Il s’adresse aux apôtres, des adultes, les futures colonnes de l’Église. Il les appelle « petits enfants ». Il a une grande compassion, il doit les quitter, il souffre la séparation, il les aime tendrement. Il veut leur laisser ses consignes avant de partir. Il veut leur donner tout ce dont ils auront besoin pour poursuivre leur mission sans sa présence physique au milieu d’eux. C’est le moment de bien l’écouter, de comprendre sa volonté. - « (…) tu ne peux pas me suivre (…) »
Pierre, comme les autres disciples, ne comprend pas ce qui se prépare. Il veut savoir où va Jésus. Il veut être à ses côtés, le suivre en tout. Jésus le confronte avec sa réalité : tu ne peux pas me suivre, tu vas même me renier trois fois aujourd’hui même.
Nous, non plus, comme Pierre, ne pouvons pas présumer de nos propres forces. Nous ne pouvons pas présumer de notre fidélité. Nous sommes tous faibles. Sans la grâce de Jésus, sans son secours, nous ne pouvons pas le suivre. Je me place devant Dieu, tel que je suis, avec mes trahisons et mes faiblesses.
Oui, Seigneur, sans toi je ne peux rien faire.
Dialogue avec le Christ
Seigneur Jésus, l’heure approche. Je te remercie pour ce que tu m’as révélé de toi aujourd’hui à travers ta Parole, dans le silence de la prière. Fais qu’avec toute l’Église j’entre pleinement dans la célébration du mystère de ta Passion et de ta Résurrection. Augmente en moi la confiance dans ton œuvre de Rédemption. C’est toi le Sauveur du monde. J’ai confiance en toi et je t’aime.
Résolution
Je me prépare à vivre les jours saints avec plus de conscience, et à participer aux célébrations. J’essaie de m’y préparer pendant cette journée par le silence intérieur, même au milieu de mes activités.
30/03/2026
Le parfum de ta bonté et de ta grâce
Lundi 30 mars 2026
Évangile selon saint Jean 12, 1-11
Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts. On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle répandit le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum. Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? »
Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.
Prière
« Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt ! Je veux chanter, jouer des hymnes ! Éveille-toi, ma gloire ! Éveillez-vous, harpe, cithare, que j’éveille l’aurore ! Je te rendrai grâce parmi les peuples, Seigneur, et jouerai mes hymnes en tous pays. Ton amour est plus grand que les cieux, ta vérité, plus haute que les nues. Dieu, lève-toi sur les cieux : que ta gloire domine la terre ! » (Ps 56, 8-12)
Je te donne mon cœur, Seigneur, qu’il exhale le parfum de ta bonté et de ta grâce.
Demande
Donne-moi un cœur débordant d’amour, de délicatesse, de charité, de sacrifice, d’humilité… qu’il soit cette fiole contenant le parfum à épancher sur tes pieds, non à ma propre fierté, mais dans l’oubli de moi-même (au second degré).
Réflexion
- « [Marie] répandit le parfum sur les pieds de Jésus. »
Ce geste d’hospitalité, commun de cette époque, revêt ici une portée symbolique voire transcendante : alors que Jésus est accueilli honorablement, sa présence introduit un esprit pur, léger et sain, une foule de bonnes dispositions d’âme se traduisant dans sa délicatesse de cœur…
L’accueil de Marie équivaut dans son intention à un acte cultuel. L’hommage est rendu à ce qu’il y a de divin dans cette relation avec Jésus. A contrario, l’environnement culturel, ayant l’Alliance sacrée comme infrastructure, est pollué par la corruption religieuse autant que par la domination des puissances païennes. La seule grâce de Jésus peut sortir les âmes de l’impasse. - « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum (…) ? »
Familier de Jésus, Judas trahit sa secrète méprise : la présence de Jésus ne vaut pas un geste à ce prix. Judas le vendra d’ailleurs pour un dixième de la somme : trente pièces d’argent. Ainsi en va-t-il de tout péché, y compris le moindre – le trésor de la grâce éternelle est vendu contre la satisfaction d’un moment.
De nombreux esprits inspirent les cœurs des disciples, certains venant de Dieu, d’autres nous en séparant : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse » avait dit le Maître auparavant (Mt 12, 30). En donnant sa vie, Jésus paiera pour nous le prix pour nous libérer de ce qui nous disperse, divise et conduit à la mort : le parfum pour le jour de son ensevelissement couvre ainsi l’odeur fétide du péché. - « Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare. »
Si la mort est la solution d’un différend de foi et d’opinion, alors s’installe une dynamique mortifère y compris dans la prétendue religion. Cette mentalité n’est-elle pas machiavélique ? Ce qui se passe est plus encore prophétique.
La mort de Jésus, suivie de sa Résurrection, engloutira cet esprit de mort : « Ô mort, où est-il ton aiguillon ? » dit le cantique chrétien cité par saint Paul (1 Co 15, 55). Deux mouvements se confrontent : les grands-prêtres veulent tuer Jésus pour rendre gloire à Dieu ; Jésus rend gloire à Dieu en se livrant à la mort et c’est la vie qui triomphe. À nous de faire le choix, avec le Christ ou contre lui.
Dialogue avec le Christ
En vue de ta dernière Pâque sur terre, je voudrais, ô Jésus, mon Seigneur, t’accompagner et être à tes côtés ; me rendre disponible pour toi autant que je peux, pour te consoler et te soulager de ce fardeau qui se pose inexorablement sur toi.
Résolution
Aujourd’hui, je dis une prière en faveur du curé de ma paroisse ou de l’évêque du diocèse où j’habite.
29/03/2026
Passion de notre Seigneur Jésus-Christ
Dimanche 29 mars 2026
Prière
Je m’apprête, Seigneur, à m’approcher du plus grand mystère de notre foi, celui de ta mort et de ta Résurrection pour nous communiquer ta vie.
Demande
Donne-moi les dispositions intérieures pour méditer avec attention et avec gratitude.
Réflexion
- Le récit de la Passion peut être entièrement compris à la lumière de la dernière Cène lors de laquelle Jésus offre son corps en nourriture et son sang en boisson pour la vie éternelle. Son corps et son sang présentés aux disciples lors de ce dernier repas leur sont livrés comme à la manière d’un testament. Il s’agit là de la dernière volonté de Jésus avant d’être arrêté et entraîné dans le cycle de sa Passion, de sa mort et de sa Résurrection. « Prenez, mangez » et « Buvez-en tous », dit-il à ses disciples.
L’offrande de son corps et de son sang sous la forme du pain et du vin prépare et annonce l’offrande qu’il fera de son être tout entier sur la croix le lendemain. Chaque messe est la célébration de ce grand mystère par lequel Jésus se livre une fois pour toutes au Père pour le salut de tous les hommes. Mesurons-nous la grâce qui nous est faite en pouvant participer et nous unir quotidiennement ou chaque dimanche au plus bel acte liturgique qui soit, celui de la mort et Résurrection du Christ ? Pendant un instant, repoussons la routine qui nous habite peut-être et réfléchissons au don qui nous est fait.
Ce qui est particulier dans le récit de Matthieu, c’est le rapprochement qu’il fait avec deux textes des Écritures anciennes. - Tout d’abord avec un épisode du livre de l’Exode, en reprenant l’expression « sang de l’Alliance » (cf. Ex 24, 1-11). Jésus fait siennes les paroles jadis prononcée par Moïse : « Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna en disant : Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance (…) » (Mt 26, 27-28) Ce sang de l’Alliance offert par Jésus se comprend à la lumière du sang des sacrifices anciens. Moïse avait pris le sang des animaux pour conclure l’alliance entre Dieu et son peuple, Israël. Le sang était répandu sur l’autel et sur le peuple. Or, dans la Bible, le sang appartient à Dieu, car le sang, c’est la vie. Ce sang partagé entre l’autel et le peuple signifie sans doute le flux de la vie divine qui circule entre Dieu et les hommes. Par ce sang répandu, Dieu partage sa vie même. Pour le dire autrement, il est donné aux hommes de vivre de la vie même de Dieu. Mais cette première alliance conclue par l’intermédiaire de Moïse devra être renouvelée tout au long de l’histoire d’Israël en raison de l’infidélité des hommes. Jésus, qui a médité longuement sur le sens de cette alliance par Moïse, y a vu une préfiguration du don définitif et sans appel de son propre sang pour l’humanité. Désormais, en lui, la vie divine est offerte aux hommes une fois pour toutes et de manière plénière.
- Le deuxième texte auquel les paroles de Jésus font allusion est celui du prophète Isaïe, par l’expression « pour la multitude en rémission des péchés » (Mt 26, 28). Isaïe annonçait qu’un mystérieux serviteur du Seigneur viendrait un jour pour justifier la multitude en prenant sur lui tous ses péchés (Is 53, 11). Jésus, qui a également médité ce texte, y trouve le sens à son sacrifice et reprend la même formule pour l’appliquer à sa mission. La multitude englobe toute l’humanité invitée à recevoir le don de la vie divine qui lui est fait en Jésus-Christ.
L’offrande de Jésus s’inscrit donc dans la continuité des prophéties et des attentes de son peuple. Il est le messie d’Israël en qui s’accomplissent de façon unique et définitive les promesses divines destinées à l’humanité entière. Il est l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin de toutes choses. En lui, le dessein divin s’éclaire et s’achève pleinement. Rendons grâce à Dieu !
Dialogue avec le Christ
Je te rends grâce, Seigneur, de m’avoir donné de recevoir la bonne nouvelle du salut. Je te rends grâce pour le grand don de toi-même par lequel tu me donnes de communier à ton corps et à ton sang, et donc d’avoir part à ta vie divine. Je m’incline devant le grand mystère de l’accomplissement de tes promesses.
Résolution
Spécialement en ce jour des Rameaux, prendre quelques minutes pour relire pour moi la Passion complète selon saint Matthieu, à travers le prisme de l’offrande de Jésus par amour.