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Un site pour avancer ensemble
sur le chemin de la foi
Bienvenue sur ce site internet où la paroisse saint Pierre saint Paul de la Vallée de l’Aisne vous accueille à cœur et à bras ouverts.
Ce cadre qui est le vôtre se veut une opportunité de découvertes, de rencontres et d’échanges en vue de mieux vivre cette fraternité chrétienne qui nous réunit en
une même paroisse. Vous y trouverez des laïcs très engagés pour la mission, disposés à partager leur expérience de l’Amour de Dieu pour les Hommes, à vous
écouter et à vous accompagner sur ce chemin de la foi.Ce site se veut aussi être le prolongement de notre mission grâce à nos activités pastorales, afin que par
tous les moyens, le Christ soit annoncé. Notre désir est d’aller vers toute personne désireuse de vivre l’expérience incommensurable de l’Amour du Christ.
Puissions-nous faire nôtre ce site afin de tirer le maximum de bien-être à travers les richesses de l’Évangile, la joie de la fraternité et le désir de prendre part à nos
activités paroissiales.
Fraternellement, Dieu vous bénisse !
Père Jean Alexis Aguma Asima
texte défilant
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15/08/2026
Réjouis-toi en Dieu !
Samedi 15 août 2026
Évangile selon saint Luc 1, 39-56
En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.
Prière
Béni sois-tu, Seigneur, pour ce chant du Magnificat, que tu as donné par Marie à ton Église, pour ce chant qui nous apprend à être reconnaissant, plein de gratitude, d’émerveillement et de joie pour les dons de Dieu !
Demande
C’est la parfaite humilité de Marie qui a attiré le regard de Dieu sur elle. L’humilité est la plus précieuse de toutes les vertus et leur mère. Comme l’orgueil est le plus terrible de tous les vices et la racine d’une multitude de maux.
Marie, Reine des humbles, enseignez-nous cette vertu si chère au cœur de Dieu. Faites-nous contempler les actes d’humilité de votre vie et donnez- nous la grâce de les imiter. Cette vertu dépasse infiniment nos seules forces, c’est pourquoi, nous avons sans cesse besoin de votre secours maternel.
Réflexion
- « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! »
Marie vient de se rendre compte qu’Élisabeth, sa cousine, a été instruite par l’Esprit Saint du secret qu’elle n’a partagé avec personne et Marie laisse éclater sa joie.
Ce qui frappe dans ce verset, c’est le qualificatif de Dieu que Marie utilise. Elle aurait pu exulter en Dieu qui l’avait faite mère ou en Dieu à qui rien n’est impossible ou encore en Dieu qui devient son Fils.
Non, en son humilité, elle exulte en Dieu qui la sauve. Elle tourne les yeux vers le salut que Dieu nous donne. « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! » « Mon Sauveur ! » Et le salut est déjà présent et, avec lui, viennent ses premiers fruits ! Parmi eux, la joie. « Exulte mon esprit ! »
Comment cette grâce du salut jaillit-elle en chacun de nous ? - « Mon esprit est transporté de joie en Dieu, mon Sauveur ! »
Parfois, cette joie de notre baptême est bien cachée, comme engloutie en nous. Elle ne nous est plus perceptible. C’est l’une des grâces que l’on peut demander au Seigneur par Marie ce matin : Mon Seigneur et mon Dieu « rends-[nous] la joie d’être sauvés ! » (Ps 50, 14)Rends-nous la joie de ton salut !
Dans les heures difficiles, nous pouvons nous appuyer sur cette prière : « Rends-moi la joie d’être sauvé, rends-moi la joie de ton salut ! »
C’est aussi ce qu’enseigne notre Sauveur à la bienheureuse Julienne de Norwich : « Réjouis-toi en moi, rien ne peut me plaire davantage ! » Et Julienne déclare : « Parmi tout ce que nous pouvons faire pour plaire à Dieu, il n’est rien qui lui soit plus agréable que de nous voir nous réjouir en cette joie qu’à la Trinité pour notre salut. » (Les révélations de l’Amour divin)
« Sa miséricorde s’étend d’âge en âge pour ceux qui le craignent. »
L’interprétation traditionnelle manifeste que l’amour de Dieu s’étend sur toutes les générations depuis celle d’Adam jusqu’à nous et jusqu’à la fin des temps, mais nous pouvons aussi penser qu’il s’agit de chacun des âges de notre propre vie. Le jour de notre conception, son amour était déjà présent. Lorsque nous avons eu l’âge de raison, son amour était là ; dans les affres de notre adolescence, son amour était là ; dans nos grandes et sérieuses décisions de jeunes adultes, son amour était là ; dans nos années de maturité où le quotidien nous essoufflait, son amour était là ; dans notre patiente vieillesse, son amour sera là ; dans le dernier combat qui nous arrachera à la terre, son amour sera là.
Oui, vraiment, « sa miséricorde s’étend d’âge en âge pour ceux qui le craignent ». Cette miséricorde est la compassion de Dieu pour notre misère, sa grande volonté de la secourir, son œuvre incessante et fidèle pour nous affranchir de nos fautes et nous donner la vie éternelle.
Marie, Mère de miséricorde, garde-nous dans l’action de grâce pour cet amour qui nous enveloppe sans cesse. - « Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles. Il comble de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides. »
Nous voyons, dans cette partie du Magnificat, le combat de Dieu contre le monde, certes, mais aussi et surtout le combat spirituel que chacun de nous doit mener en lui-même. Avec ce verset, nous voici au cœur du combat ascétique contre nous-mêmes. Nous devons sans cesse combattre la superbe, l’orgueil en nous, nous devons renverser nos désirs de puissance quels qu’ils soient, désir de pouvoir, désir de reconnaissance, désir d’être aimés. Nous devons travailler pour acquérir l’humilité, purifier nos faims, nous dépouiller de nos fausses richesses, nous vider de tout ce qui n’est pas Dieu, reprendre conscience que tout ce que nous possédons, c’est à lui que nous le devons.
Par ces versets du Magnificat, Marie, notre Mère nous enseigne : « Oui, tu dois combattre contre le mal ». Et saint Paul ajoute : « Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché. » (He 12, 4)
Mais dans cette lutte, nous ne sommes pas seuls, le bras de Dieu, en qui les pères de l’Église ont vu le Christ, combat pour nous. Si nous le laissons faire, il déploie la force de son bras, il disperse notre orgueil. Il ordonne et réunifie en nous nos puissances : intelligence, volonté, sensibilité, affectivité. Il fait grandir notre humilité. Il purifie nos richesses et nos désirs, il nous comble de biens.
C’est ce que résume le verset : « Il relève Israël son serviteur. » Il nous relève à chaque fois que nous tombons, nous qui sommes inutiles et pourtant choisis par sa grâce pour être serviteurs… C’est déjà la promesse de la résurrection qui nous est faite : comme Dieu a relevé son Serviteur souffrant et Fils d’entre les morts, Dieu nous relève chaque jour et nous relèvera après notre mort. Oui, sa miséricorde repose sur chacun de nous !
Dialogue avec le Christ
Seigneur, saint Jean Eudes appelle le Magnificat le cantique du cœur de Marie, ce cœur de Marie intimement uni à ton cœur qui se formait en son sein. Imaginons les premiers battements de ton cœur en Marie. Ne peut-on pas penser que ces premiers battements ont inspiré à Marie le Magnificat. Peut-être ont-ils coïncidé avec l’exultation de Marie. Marie puise directement les paroles de son cantique dans ton cœur qui se forme en elle.
Marie, dès l’Annonciation, reçoit un cœur de mère, elle devient ta mère, pleine de grâces. L’une de ces grâces est de lui donner un cœur de mère pour chacun de nous, de la rendre médiatrice et coopératrice avec toi pour le salut de tous les hommes. Oui, elle chantait ce cantique en son nom pour toutes les merveilles que Dieu avait accomplies en elle mais elle le chantait aussi déjà pour chacun de ses enfants. Elle rendait grâce par avance au Seigneur pour chacun de nous, pour le salut offert à chacun. Elle suppléait ainsi à toutes nos ingratitudes. Elle brûlait déjà de nous enseigner ce cantique pour que nous apprenions à le prier. Elle soutenait déjà tous ses enfants qui le réciteraient dans les temps à venir.
Résolution
« Le Puissant fit pour moi des merveilles ! Saint est son Nom ! » Je pourrais prendre un long moment de silence et me remémorer les merveilles du Puissant dans chacune de nos vies, merveilles infiniment variées adaptées à chacune de nos histoires et de nos personnalités.
14/08/2026
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu !
Vendredi 14 août 2026
Évangile selon saint Matthieu 19, 3-12
En ce temps-là, des pharisiens s’approchèrent de Jésus pour le mettre à l’épreuve ; ils lui demandèrent : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? » Il répondit : « N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme et dit : “À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair.” Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » Les pharisiens lui répliquent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? » Jésus leur répond : « C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi.
Or je vous le dis : si quelqu’un renvoie sa femme – sauf en cas d’union illégitime – et qu’il en épouse une autre, il est adultère. » Ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, mieux vaut ne pas se marier. » Il leur répondit : « Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! »
Prière
Merci, Seigneur, pour chacun de tes enseignements. Par ton Esprit, que nous les écoutions avec un cœur ouvert et attentif !
Demande
Saint Joseph, à qui l’Église, par le Saint-Père, nous a particulièrement confiés cette année, soyez le gardien bienveillant de tous les couples chrétiens. Qu’ils vivent de plus en plus profondément le mystère du sacrement de mariage !
Réflexion
- Pour répondre aux pharisiens, Jésus cite la Genèse (cf. Gn 2, 24) et revient à la beauté initiale de la création, à la perfection du projet de Dieu : « Dès le commencement, le créateur les fit homme et femme et dit : à cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux deviendront une seule chair. »
Saint Jean-Paul II a longuement médité, dans les catéchèses qui deviendront la base de la théologie du corps, sur ce mystère. Il met en lumière que l’homme est devenu image et ressemblance de Dieu, non seulement à travers sa propre humanité mais aussi à travers la communion de personnes que l’homme et la femme constituent dès le début. - « Des pharisiens s’approchèrent de lui pour le mettre à l’épreuve. »
Les pharisiens pensent mettre Jésus à l’épreuve avec cette question. Le fait même qu’ils estiment que ce sujet sera difficile pour Jésus nous renseigne sur ce qu’ils percevaient du cœur de Jésus. Ils se doutaient que la Loi de Moïse, sur ce point, n’était pas le reflet de la délicatesse, de la courtoisie, de l’attention, de la douceur, de l’humilité que Jésus manifestait aux personnes qui l’entouraient. Les pharisiens sentaient que sa manière d’être, la pureté de ses mœurs et son enseignement devaient incliner Jésus à préférer qu’aucun homme ne répudie sa femme. Le cœur de Jésus est bien à l’opposé de la dureté de cœur qu’il sent chez les pharisiens. - Jésus affirme l’indissolubilité du mariage
Il reprend pour cela le contenu même de la Parole de Dieu : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni. » (Gn 2, 24) La réponse du Christ est décisive et sans équivoque. Ce que Moïse a permis est un pis-aller. À Cana, Jésus élèvera le mariage naturel à la dignité de sacrement. Le mariage sacramentel deviendra alors le grand mystère dont parle saint Paul : « Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église. » (Ep 5, 32) ; « [Le Christ] a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle, afin de la rendre sainte en la purifiant par le bain de l’eau baptismale, accompagné d’une parole ; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel ; il la voulait sainte et immaculée. » (Ep 5, 25-27)
Dialogue avec le Christ
Seigneur, tu nous appelles à avoir un cœur chaste et pur. Comment est-ce possible à cause de nos faiblesses humaines ? Arme-nous pour ce combat, Seigneur, sois notre gardien et notre guide. « Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu ! » (Ps 50, 12). De quelle récompense couronneras-tu le combat pour la pureté de cœur ? « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ! » (Mt 5, 8)
Résolution
Je prendrai un moment pour méditer sur la dureté de mon propre cœur. En quoi se manifeste-t-elle surtout ? Envers qui ? À quel sujet ? Je déciderai d’un acte à poser ou d’une parole à dire pour travailler à y remédier.
13/08/2026
Pardonne sans compter
Jeudi 13 août 2026
Évangile selon saint Matthieu 18, 21 à 19, 1
En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » Lorsque Jésus eut terminé ce discours, il s’éloigna de la Galilée et se rendit dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain.
Prière
Seigneur Jésus, tu nous réunis en ton Église comme tu as réuni jadis tes disciples en communauté. Tu leur as enseigné à vivre en véritables enfants du Père. Nous croyons que, par tes paroles et tes paraboles, tu nous révèles encore le dessein d’amour du Père sur chacun de nous.
Demande
Seigneur Jésus, aide-nous à te faire suffisamment confiance pour accueillir tes enseignements, même ceux qui nous semblent trop exigeants ou difficiles.
Réflexion
- « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? »
Cette question de Pierre, combien de fois ne l’avons-nous pas posée ! Vais-je lui pardonner ? Puis-je lui pardonner ? Dois-je lui pardonner ? Ou encore : « Me pardonnera-t-il ? Comment pourra-t-elle me pardonner ? Que dois-je faire pour obtenir son pardon ? » Questions légitimes de tous les jours. Questions dramatiques lorsque je me sens trahi, agressé ou trompé ! « Ne devrait-il pas demander pardon avant que je lui pardonne ? Ne devrait-il pas réparer le mal commis avant que j’accorde mon pardon ! » « Mon frère, ma sœur, comment ont-ils pu me faire cela ? Devrais-je le châtier, le sermonner, le fuir, l’éviter ? Il est de ma famille, mais comment pourrai-je continuer à le voir, à lui parler ? » Pierre sait qu’il parle pour toute la communauté des disciples réunis avec Jésus lorsqu’il pose cette question. Chacun attend la réponse de Jésus avec des souvenirs de blessures reçues, de coups donnés. Chacun calcule les limites de sa propre bienveillance, jusqu’où il pourra aller et si Jésus tiendra compte de la difficulté que demande le pardon. - « Jésus lui répondit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. »
Quel choc pour les disciples ! 490 fois ! Autrement dit : toujours. À chaque blessure, il faudrait encore pardonner ! On imagine le silence qui a suivi cette déclaration de Jésus ! « Le voilà qui nous demande une nouvelle fois l’impossible » devaient-ils se dire. « Ne tient-il pas compte de nos sentiments lorsque nous sommes trahis ? Des pertes que nous avons subies à la suite d’une duperie ? »
Jésus, sentant leur désarroi, leur rappelle le contexte de leur vie, de toute vie adulte : « Saisi de compassion, le maître lui remit sa dette. » Sa dette immense accumulée au fil des jours. Qui est ce maître plein de compassion ? C’est le Père contre lequel tous ont péché, souvent sans considération, sans prise de conscience, sans regret, sans souvenir. Les dettes se sont accumulées avec un flot continu de manquements de charité, de paroles cruelles, de négligences ! « Vous souvenez-vous, semble dire Jésus, de tout ce que le Père est encore prêt à vous pardonner, aujourd’hui même, d’un cœur brûlant qui ne désire que votre retour vers lui. » - « C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »
Il vous livrera aux bourreaux dans sa colère, nous dit Jésus ! Cette parole semble sévère. Comprenons, cependant, que Jésus établit ici les fondements de la communauté qui deviendra son Église. Nulle place ici pour des rancunes durables ni pour des pardons limités, pour des « Je lui pardonne cette fois-ci, mais pas la prochaine fois ! »
C’est ainsi que se constitue une communauté fondée sur l’amour, leur enseigne-t-il. Ses disciples doivent être prêts à aller jusqu’au bout. Comment pourront-ils affronter les persécutions et incompréhensions qui suivront lors de leur ministère auprès des païens s’ils ne savent pas se pardonner entre eux ? Comment continueront-ils jour après jour à proclamer le dessein de Dieu, s’ils ne le vivent pas ? Où prendront-ils la force de subir des insultes et des emprisonnements et de continuer à aimer ? Jésus leur fait comprendre le sérieux de leur vocation. Ils ont été choisis, formés, comblés de ses enseignements comme préparation à leur mission et à leur vie en Église. Leur fidélité au pardon conditionne le témoignage même de l’Église et l’accomplissement de l’œuvre du Père.
Dialogue avec le Christ
Nous comprenons mieux maintenant que c’est par amour pour ton Église, pour ton peuple, pour tes brebis et pour celles qui viendront, que tu exiges de nous, chrétiens, ce pardon sans détour ! Nous nous souvenons aussi de tes paroles sur la croix : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. »
Résolution
Je ferai un examen de conscience aujourd’hui pour reconnaître mes multiples manquements à la charité et je demanderai au Seigneur de m’aider à construire son Église avec mes frères chrétiens.
12/08/2026
Une communauté qui aspire à l’unité
Mercredi 12 août 2026
Évangile selon saint Matthieu 18, 15-20
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.
Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »
Prière
Seigneur Jésus, me voici devant toi. Je demeure quelques instants en ta présence et je contemple ta manière d’accueillir ceux que tu rencontres. Tu vois leurs fragilités sans les juger et tu considères leurs fautes sans les enfermer dans leurs erreurs. Je laisse résonner cet appel à regarder mes frères avec le même amour.
Demande
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette ta lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
Ô Maître, que je ne cherche pas tant
à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.
Car c’est en donnant que l’on reçoit,
c’est en s’oubliant que l’on se retrouve,
c’est en pardonnant que l’on est pardonné,
c’est en mourant que l’on ressuscite à la vie éternelle. Amen.
(Prière de saint François d’Assise)
Réflexion
- À première vue, cet Évangile peut nous mettre mal à l’aise. Jésus parle de faute, de reproche, de témoins, d’assemblée et même d’exclusion. Pourtant, le but du passage n’est pas la condamnation du pécheur. Dès la première phrase, Jésus indique clairement l’objectif recherché : « S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. » Toute la démarche décrite par Jésus est orientée vers cette finalité. Il ne s’agit pas d’avoir raison contre quelqu’un, mais de réparer une relation brisée.
Cette perspective est importante, car notre premier réflexe est souvent différent. Lorsqu’un conflit surgit, nous sommes tentés soit de nous taire en laissant grandir le ressentiment, soit d’en parler immédiatement à d’autres personnes. Jésus propose un autre chemin. La première étape consiste à rencontrer le frère « seul à seul ». Avant tout jugement public, la parole doit pouvoir être libérée entre les personnes concernées. L’idée n’est pas d’humilier, mais de permettre une prise de conscience puis une réconciliation.
Si cette démarche échoue, Jésus prévoit une seconde étape : « (…) prends en plus avec toi une ou deux personnes (…) ». Cette recommandation s’enracine dans la tradition biblique, car le Deutéronome prévoyait déjà que toute affaire soit réglée grâce à la déposition de plusieurs témoins (cf. Dt 19, 15). Il ne s’agit pas d’abord de réunir un groupe d’accusateurs contre le fautif, mais d’aider à restaurer une relation devenue difficile. - On remarque alors que l’horizon du texte s’élargit. Le conflit n’est plus seulement une affaire privée. Le péché atteint toujours, d’une manière ou d’une autre, la vie de la communauté. C’est pourquoi Jésus évoque finalement « l’assemblée de l’Église ». Nous sommes ici dans l’un des deux seuls passages de l’Évangile selon Matthieu où apparaît le mot grec ekklēsia, c’est-à-dire « Église » (Mt 16, 18 ; 18, 17).
Dans le monde grec, ce terme désignait l’assemblée des citoyens convoqués pour délibérer. Dans la Bible, il sert également à traduire l’assemblée du peuple d’Israël réunie devant Dieu. En l’employant ici, Matthieu souligne que la communauté des disciples reçoit la responsabilité de préserver et de restaurer la communion entre ses membres. - Cette responsabilité est exprimée par les verbes « lier » et « délier » : « tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel ». Dans le judaïsme du temps de Jésus, ces verbes désignaient l’autorité d’interpréter et de prendre des décisions pour la vie de la communauté. Pierre a été le premier à se voir confier cette charge : « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » (Mt 16, 19)
Puis, dans notre passage, cette charge est confiée à l’ensemble de la communauté des disciples. Cette responsabilité confiée à l’ensemble de la communauté rejoint une intuition chère au pape François lorsqu’il encourageait l’Église à être plus synodale. Face aux difficultés et aux divisions, tous sont invités à marcher ensemble, à s’écouter mutuellement et à prendre leur part dans la recherche de la communion. L’unité de l’Église n’est pas l’affaire de quelques-uns ; elle est une mission confiée à tous ! - Les derniers versets permettent d’approfondir encore cette idée. Jésus passe du conflit à la prière commune : « (…) si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront (…) ». Il serait réducteur de ne lire ce verset que comme une promesse générale sur l’efficacité de la prière. Car, dans son contexte, il concerne d’abord une communauté appelée à chercher ensemble la volonté de Dieu. Lorsque des croyants prennent le temps de se tourner ensemble vers le Père et de formuler une demande commune, ils manifestent déjà leur désir de rechercher ensemble la volonté de Dieu. L’accord auquel ils parviennent devient alors le signe d’une communion retrouvée et d’une ouverture à l’action de Dieu.
L’Évangile s’achève par une parole bien connue : « (…) quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux ». Jésus accompagne les petites communautés, les rencontres discrètes, les dialogues parfois difficiles où l’on cherche sincèrement la vérité et la réconciliation. Ainsi, la correction fraternelle n’est pas d’abord « une méthode » pour résoudre les conflits. Elle devient l’occasion de faire l’expérience de la présence du Christ au cœur même des relations humaines.
Le fil conducteur de tout ce passage est donc la communion. Jésus invite ses disciples à ne pas se résigner face aux tensions et aux désaccords. Lorsque survient une rupture, nous sommes invités à ne pas nous laisser gagner par l’indifférence ou la condamnation. Jésus nous accompagne dans le patient travail de la réconciliation ; il promet d’être au milieu de nous.
Dialogue avec le Christ
Seigneur Jésus, il m’est parfois plus facile de juger, de me taire ou de m’éloigner que de chercher la réconciliation. Je repense aux relations qui me coûtent, aux blessures que je porte et à celles que j’ai pu provoquer. Apprends-moi à ne pas m’éloigner de mes frères lorsque des tensions surgissent. Donne-moi un cœur capable de vérité, mais aussi de patience et de miséricorde.
Résolution
Aujourd’hui, je choisirai le dialogue plutôt que de nourrir un jugement ou une critique intérieure.
11/08/2026
Respect et souci des petits
Mardi 11 août 2026
Évangile selon saint Matthieu 18, 1-5.10.12-14
Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d’eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c’est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. Et celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon nom, c’est moi qu’il accueille. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.
Que pensez-vous de ceci ? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? Et, s’il parvient à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »
Prière
Jésus, je suis en ta présence et je veux t’adorer et t’ouvrir tout mon cœur pour que tu y demeures. Je sais que tu es là et que tu m’aimes comme je suis. Je veux te laisser entrer davantage dans ma vie en te donnant tout ce que je suis. Je t’aime.
Demande
Jésus, laisse-moi découvrir avec quel amour tu me regardes et permets-moi d’expérimenter combien j’ai besoin de toi, car tant que je ne l’aurai pas vécu je ne pourrai m’abandonner entre tes bras, comme un tout petit enfant. Chasse l’orgueil de mon cœur et installes-y ton humilité, pour que je vive comme toi tu as vécu.
Réflexion
- On peut se demander pourquoi Jésus manifeste cette prédilection pour les petits. Plus on grandit plus on se sent fort, et plus on est intéressé à ce que les autres nous admirent ou du moins nous respectent. On oublie le regard que Dieu pose sur nous. Comment nous voit Dieu ? Comme des petits enfants. Qu’avons-nous, que nous n’ayons reçu de Dieu, comme un enfant reçoit tout de ses parents ? Tout ce que je suis, je le dois à Dieu. Je dépends de lui comme un nouveau-né de sa maman. La seule différence entre ce nouveau-né et moi, c’est que, trop souvent, j’agis comme si je n’avais pas besoin de Dieu. Ma vie n’a rien à voir avec Dieu ou pas entièrement.
C’est une chose de prier de temps en temps comme un « bon chrétien », mais c’en est une autre de vivre chaque action de ma journée en sa présence, transformant chaque jour en une véritable prière. Je ne peux le faire que si je me reconnais petite créature, totalement dépendante de son Créateur. Vivre avec cette attitude, c’est vivre ce que je suis en vérité, puisque je ne suis jamais davantage moi-même que lorsque j’agis en fonction de ce que je suis aux yeux de Dieu : son petit enfant bien-aimé. - Pour souligner davantage cette vérité, Jésus nous dit que celui qui accueille un petit enfant par amour pour lui, l’accueille. Non seulement il nous demande de devenir comme des petits enfants, mais comme si ce n’était pas suffisant, il nous assure qu’il est présent d’une manière spéciale dans tout ce qui est petit. Quand on regarde la vie de Jésus, on voit bien sa prédilection pour tout ce qui est pauvre, caché, rejeté des hommes et méprisé : sa naissance dans une crèche, sa vie cachée à Nazareth, son amour pour les pécheurs et les malades, sa mort semblable à celle d’un esclave ou d’un criminel…
Lui, le Fils de Dieu s’est infiniment abaissé en assumant notre condition humaine dans tout ce qu’elle a de pauvre, de limité, de vulnérable. Il a agi de la sorte, ceci correspondait le plus à son amour pour nous : se dépouiller de toute sa gloire divine, pour se remplir de l’objet de son amour : chacun d’entre nous. Là où il y a dépouillement, il y a amour. Là où il y a humilité, il y a amour. C’est pour cela que celui qui accueille le tout petit, l’homme humilié, accueille le Christ, le véritable tout petit et profondément humilié par amour.
Mépriser mon prochain quand je suis face à une de ses souffrances ou de ses limites, quand je suis témoin d’un de ses défauts ou d’une de ses chutes, c’est mépriser le Christ, qui a assumé toute notre humanité dans sa totalité. Si Dieu porte un regard d’amour sur chacun d’entre nous et à chaque instant, ne dois-je pas en faire autant ? Jésus a accueilli la pécheresse, le pharisien, le publicain, le renégat et le malade avec amour, et moi je voudrais les juger et les rejeter ? Dieu m’a-t-il une seule fois traité avec mépris, rejet ou indifférence ?
Dialogue avec le Christ
Mon doux Jésus, combien je voudrais te remercier de m’avoir autant aimé au travers de ton humilité. Tu as fait tien tout ce qui est mien pour que je ne me sente jamais seul et jamais jugé par toi. Qui mieux que toi peut comprendre l’humiliation, la petitesse, la souffrance humaine et l’abandon. Tu as vécu tout cela et, plus encore, tu l’as choisi pour le vivre avec moi. Je veux vivre davantage les moments difficiles de ma journée en union avec toi, par gratitude pour tout ce que tu as fait pour moi.
Résolution
Chercher à regarder avec amour une personne avec qui j’ai du mal à m’entendre et faire un acte de charité envers elle.
10/08/2026
Le grain qui porte du fruit
Lundi 10 août 2026
Évangile selon saint Jean 12, 24-26
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »
Prière
« Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom, donne la gloire, pour ton amour et ta vérité. (…) Notre Dieu, il est au ciel ; tout ce qu’il veut, il le fait. Leurs idoles : or et argent, ouvrages de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas, des narines et ne sentent pas. Leurs mains ne peuvent toucher, leurs pieds ne peuvent marcher, pas un son ne sort de leur gosier ! Qu’ils deviennent comme elles, tous ceux qui les font, ceux qui mettent leur foi en elles. » (Ps 113B, 1.3-8)
Demande
Donne-moi, Seigneur Jésus, un amour ardent du Père et de tout ce qu’il aime, afin que je me consume avec toi, dans le Saint-Esprit, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
Réflexion
- Nous célébrons aujourd’hui la vertu héroïque du diacre saint Laurent et la gloire de Dieu manifestée en lui. Il a entièrement donné sa vie à la suite du Christ et au service de l’Église de Rome. Notamment, il s’est occupé des pauvres, véritable trésor de l’Église et, par amour, il a livré son corps aux supplices imposés par la condamnation. Il fut mis à mort par le feu. Quelle admirable œuvre de la grâce ! Sa vie n’est-elle pas, tout entière, un reflet de la magnificence de Dieu ?
On serait cependant tenté de s’arrêter à l’emballage temporel de la vie et des péripéties de ce saint et d’oublier la source et la fin de son martyrion (témoignage) : l’œuvre de rédemption accomplie par le Christ. La seule admiration de la carcasse humaine (sa story), aussi louable soit-elle, se perdrait alors comme la paille balayée par le vent, et virerait à l’idolâtrie. Nous voulons ici considérer le grain de blé : la compassion qui a conduit le Père à offrir son Fils à la malice de notre péché, pour en défaire la forteresse. - Notre exercice, notre prière, s’ouvre à la voie de la grâce, l’œuvre gratuite de Dieu. Le grain fécond, qui meurt, se voit éclore en germe et prolonger les pousses au-dessus de la terre, est destiné à produire des fruits en abondance. Ce dynamisme serait-il pensable s’il n’y avait pas ce travail et en-dessous de la terre, les racines poussant vers les profondeurs de l’Esprit, principe et fin de toute la création ?
Et cette vitalité naît et se réalise dans le dialogue intime avec Jésus-Christ. Sa parole, l’Évangile que nous venons de lire, n’est pas un texte de littérature de l’antiquité, mais une parole vivante qu’il nous adresse aujourd’hui. Alors que l’on ne dise pas qu’il ne nous parle pas, que nous ne pouvons pas l’entendre… Et de ma vie, quelle réponse vais-je donner ? - « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive. »
Ici, le Christ énonce concrètement un itinéraire spirituel. C’est l’attitude d’une âme illuminée par la foi théologale et mue par les vertus qu’elle entraîne, pour se traduire en actions concrètes : servir tout en renonçant à ses propres ambitions. Il faut « réfléchir avant d’agir », pour ne pas supplanter la grâce. Réfléchir la lumière de Dieu, non sa propre lumière.
Et c’est précisément ici que la relation avec le Christ devient vivante : « là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur » et « mon Père l’honorera ». Cette intimité d’âme avec le Christ donne la liberté par rapport aux attachements de la vie temporelle : « qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle ». L’amitié, expression concrète de l’amour, est le plus grand trésor et il n’a pas de fin : il est éternel. Le confort et l’insouciance sont éphémères, les talents et les compétences passeront. « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. » (1 Co 13, 13)
Dialogue avec le Christ
Jésus-Christ, Maître et Ami, divin Époux de notre Église, par toi, louange et gloire au Père, avec toi et en toi, communion du Saint-Esprit qui nous fait renaître fils et filles du Père. Bon Pasteur, je veux te suivre et te servir, là où tu m’appelles, pour passer dès à présent de la temporalité à l’éternité, sans regarder en arrière dans la mort.
Résolution
Aujourd’hui, je veux être généreux avec mon temps : en famille, au travail, dans le voisinage. Un service, une écoute, une attention…