Dimanche 11 janvier 2026
Évangile selon saint Matthieu 3, 13-17
Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. »
Prière
Seigneur, ralentis-moi. Accorde-moi de me mettre à l’écoute de ta Parole, de la savourer lentement. En écoutant ta Parole, je t’implore de me dévoiler ton Cœur.
Demande
Apprends-moi à te connaître, Seigneur.
Réflexion
- « Alors paraît Jésus (…) auprès de Jean, pour être baptisé par lui. »
« Alors paraît Jésus » (Mt 3, 13 ; Catéchisme de l’Église catholique, 535). Te voici, Seigneur. Pour la première fois, tu arrives sur la scène publique du monde, après des siècles de préparation.
Tu parais « auprès de Jean », auprès de cet homme qui ne faisait que demander la conversion pour préparer ta venue (cf. Mt 3, 2.3.6.8.10.11).
« pour être baptisé par lui » : en termes catholiques, ce serait presque comme si on lisait qu’à sa première arrivée publique dans le monde le Fils de Dieu soit allé se confesser auprès d’un prêtre. Le baptême de Jean était pour les pécheurs, pour la conversion, pour la réconciliation avec Dieu.
Quoi ? « Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? » (Is 53, 1)
Montre-moi, Seigneur, ce qu’il y a dans ton Cœur. - « Jean voulait l’en empêcher (…) Mais Jésus lui répondit : (…) il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. »
N’importe qui aurait voulu empêcher le Seigneur d’aller se confesser. Qu’as-tu fait là, Seigneur ? Quelle confusion ! « [Ton] aspect [n’a] rien pour nous plaire » (Is 53, 2).
Et que veut dire ta réponse : « il convient que nous accomplissions ainsi toute justice » ? Qui est ce « nous » dont tu parles ? La Trinité ? Nous, les êtres humains ? À quelle « justice » fais-tu référence ? Dans quel sens est-ce que cela « convient » ? Tu es parfois difficile à comprendre, Seigneur. Que l’Église me vienne en aide. Le Catéchisme (n° 536) explique : « Il se laisse compter parmi les pécheurs (cf. Is 53, 12) ; il est déjà ‘’l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jn 1, 29) ; déjà, il anticipe le « baptême » de sa mort sanglante (cf. Mc 10, 38 ; Lc 12, 50). »
Alors, donc, le « nous » de Mt 3, 15, ce sont les êtres humains : « parmi les pécheurs (cf. Is 53, 12) » a dit le Catéchisme… « Nous étions tous errants comme des brebis » (Is 53, 6). À ta première apparition publique, tu te mets en ligne avec « nous » pour te faire baptiser parce qu’en toute justice c’est ce que nous devrions faire devant Dieu : nous convertir.
Ou plutôt, parce que nous trouvons notre conversion en toi, toi qui « enlèves les péchés du monde (Jn 1, 29) ». « Le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous » (Is 53, 6).
Et alors, « le juste, [le] serviteur [de Dieu], justifiera les multitudes » (Is 53, 11). Oui, nous serons tous justes, ou « nous [accomplirons…] toute justice » (Mt 3, 15), si le Seigneur « se [charge] de [nos] fautes » (cf. Is 53, 11).
Quelle beauté, Seigneur. Merci ! - « Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »
Et pour éviter toute confusion, le Père, ou la « voix » venue des cieux dit, plus ou moins : « Jésus n’est pas pécheur. Il est mon Fils bien-aimé. Mais cela me plaît qu’il vous aime comme je vous aime, qu’il prenne sur lui vos péchés. En lui je trouve ma joie pour qu’en vous aussi, je puisse prendre ma joie et vous appeler mes enfants. Suivez-le vers le baptême. » (cf. Catéchisme, 537)
Le baptême de conversion : la conversion est le résumé de la prédication de Jean Baptiste et de Jésus, de ce que demandent ses paraboles, le résumé de ce qui nous fait marcher vers la croix et la Résurrection car la con-vers-ion… c’est se tourner vers notre Principe, coûte que coûte.
« Par suite de ses tourments, il verra la lumière » (Is 53, 11), « avec les puissants il partagera le butin » (Is 53, 12),« il verra une descendance » (Is 53, 10).
Dans l’Ancien Testament, le mot « joie » se réfère surtout à notre joie d’être avec Dieu. Ici, au baptême de Jésus, c’est la joie de Dieu le Père qui est révélée. Qu’est-ce qui fait sa joie ? Jésus, son Fils, et nous, ses enfants, si, en Jésus, « nous accomplissons (…) toute justice » en revenant vers lui.
Dialogue avec le Christ
Merci, Jésus, de me permettre de devenir la joie du Père ! Merci de me révéler ton cœur.
Résolution
Aujourd’hui, je demanderai pardon au Seigneur pour mes péchés.