Mercredi 11 mars 2026
Évangile selon saint Matthieu 5, 17-19
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »
Prière
Aujourd’hui, Seigneur, je m’arrête sur ces trois versets du début de ton discours sur la montagne pour mieux écouter ton message. À la fin de ton enseignement, tu m’as dit : « Celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. » (Mt 7, 24) C’est ce que je veux, Seigneur. Guide-moi.
Demande
Transforme-moi, Seigneur !
Réflexion
- « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. »
Après avoir énuméré les promesses des Béatitudes, tu commences le reste de ton discours en avertissant qu’il y aura un certain changement… Tu dis que tu n’es pas venu abolir mais accomplir. Cela suppose que nous pouvons penser que tu es venu abolir. Cela suppose que nous pouvons penser que les dix commandements sont vieux jeu : que nous pouvons éliminer le non né ou le vieillard (cf. Mt 5, 21), avoir un amant (cf. Mt 5, 27), prendre à la légère nos promesses faites au Seigneur (cf. Mt 5, 33), nous venger doublement (cf. Mt 5, 38), détester un proche parent (cf. Mt 5, 43), etc.
Cela suppose que nous pouvons penser que les prophètes exagèrent lorsqu’ils disent qu’il n’y a que le Seigneur qui puisse effacer nos fautes (cf. Jr 2, 22), quand ils disent qu’il existe des fausses doctrines (cf. Jr 23, 16), quand ils disent « malheur aux riches ! » (cf. Am 6, 1-7). Mais tu nous dis qu’il n’en est pas ainsi (cf. Mt 5, 18). Et pourtant, il y a certaines pratiques de l’Ancien Testament qui ont été abolies par ta venue. Que devons-nous comprendre, Seigneur ? Enseigne-nous le sens du vrai progrès[1]. - « (…) pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. »
Affirmation solennelle : ta parole demeurera « jusqu’à ce que tout se réalise ». Donc, pour qu’il y ait du progrès, selon tes paroles, il faut du permanent et de l’innovation. Innovation ? L’autre tentation, Seigneur, qui surgit dans mon cœur, c’est de penser comme l’Ecclésiaste : « Ce qui a existé, c’est cela qui existera ; ce qui s’est fait, c’est cela qui se fera ; rien de nouveau sous le soleil. Y a-t-il une seule chose dont on dise : Voilà enfin du nouveau ! – Non, cela existait déjà dans les siècles passés. » (Qo 1, 9-10)
Certes, il existe des innovations techniques, artistiques, économiques… mais quand on regarde le cœur de « l’homme », y trouve-t-on du nouveau, Seigneur ? Mon cœur progressera-t-il un jour ? Réussirai-je un jour à vivre les béatitudes (cf. Mt 5, 3-12), à être le sel de la terre et la lumière du monde (cf. Mt 5, 13-16), à ne pas chercher de récompense (cf. Mt 6, 5), à ne pas me faire de souci pour demain (cf. Mt 6, 34), etc. ? Existe-t-il quelqu’un qui ait vécu tout cela ? - « Celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »
Eh bien, s’il existe quelqu’un qui ait vécu ton discours sur la montagne, il aura déjà été déclaré le plus grand dans le royaume des cieux. En effet : Marie de Nazareth, toujours la même et toujours nouvelle. En Dieu, source de sécurité et de progrès. En toi, source de permanence et d’innovation. Elle nous donne le secret de la stabilité et le secret de la nouveauté : Jésus-Christ. Elle « gardait dans son cœur tous [les] événements » (Lc 2, 51) et collaborait avec toi pour transformer l’eau en vin (cf. Jn 2, 1-12). Voilà le secret : en toi, Jésus, nous trouvons le roc. En toi, nous trouvons l’Esprit qui est entièrement libre d’aller où il veut (cf. Jn 3, 8).
[1] Il est intéressant de se donner une idée de la transformation du sens du mot « progrès » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Progr%C3%A8s.
Dialogue avec le Christ
Jésus, apprends-moi à garder toutes tes paroles dans mon cœur comme Marie. Apprends-moi à vivre mon quotidien en collaboration avec toi, comme Marie. Apprends-moi à progresser vers toi comme elle.
Résolution
Aujourd’hui, je laisserai tomber ce qui m’empêche de progresser.