Vendredi 15 mai 2026
Évangile selon saint Jean 16, 20-23a
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »
Prière
« En nul autre que [toi, Jésus], il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. » (Ac 4, 12)
Demande
Du fond de l’abîme, Seigneur, fais que je crois à la promesse de la joie.
Réflexion
- L’Évangile de ce jour est un mélange intime de douleur et de joie.
Dans l’épreuve, notre cœur est dans la peine. Mais Jésus nous promet que notre peine se changera en joie. Or, il est Vérité et fidèle à ses promesses. Nous sommes donc sûrs qu’après cette peine, « [notre] cœur se réjouira ; et que [notre] joie, personne ne [nous] l’enlèvera. » Ainsi, cette joie future est déjà présente en espérance dans notre cœur, même au milieu de nos souffrances. Dans nos vies, dans les moments difficiles, nous vivons à la fois le Vendredi Saint et son agonie et Pâques et la joie de la Résurrection espérée !
Mais comment, dans un cœur, la plus grande douleur et une joie profonde peuvent-elles cohabiter ? Par quelle grâce ces deux sentiments si contraires peuvent-ils vivre dans un même cœur ? La paix – grâce que nous pouvons demander sans nous lasser – fait coexister dans nos cœurs, en temps difficile, la douleur de l’épreuve et la joie de l’espérance. « Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. » (Jn 16, 33) - Nos angoisses et nos épreuves font partie d’un enfantement. Dans cet Évangile, ce n’est pas une simple comparaison que Jésus emploie pour nous affermir dans la paix au milieu de nos épreuves, c’est une réalité. Chacun de nous est ce fils qui est enfanté avec toute la création. Car, « Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. » (Rm 8, 22)
Et dans cet enfantement, recevant « grâce après grâce » (Jn 1, 16), nous sommes appelés à devenir fils dans le Fils, de plus en plus conformes au Christ « en qui [le Père] trouve sa joie » (Mt 3, 17). - Ce qui nous soutient dans l’épreuve, c’est la confiance en la promesse du Christ, c’est la foi. Et, en même temps, l’épreuve renforce notre foi. Ainsi l’affirme saint Pierre : « Aussi vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que de l’or – cet or voué à disparaître et pourtant vérifié par le feu – afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus-Christ. Lui, vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. » (1 P 1, 6-9)
Dialogue avec le Christ
Seigneur, mon Dieu, tu es monté au ciel où tu es assis à la droite du Père. Mais, tu es bien présent aussi avec nous dans tous les tabernacles du monde. Tu ne nous quittes jamais. Ainsi déclare saint Augustin : « Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous ; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour ; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l’amour, mais en lui. » (Saint Augustin, l’Ascension du Seigneur)
Résolution
Je ferai mémoire, dans ma vie, de moments d’épreuve et de peine suivis par la joie. J’expérimente ainsi de quelle manière Dieu a été fidèle à sa promesse.