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Un site pour avancer ensemble
sur le chemin de la foi
Bienvenue sur ce site internet où la paroisse saint Pierre saint Paul de la Vallée de l’Aisne vous accueille à cœur et à bras ouverts.
Ce cadre qui est le vôtre se veut une opportunité de découvertes, de rencontres et d’échanges en vue de mieux vivre cette fraternité chrétienne qui nous réunit en
une même paroisse. Vous y trouverez des laïcs très engagés pour la mission, disposés à partager leur expérience de l’Amour de Dieu pour les Hommes, à vous
écouter et à vous accompagner sur ce chemin de la foi.Ce site se veut aussi être le prolongement de notre mission grâce à nos activités pastorales, afin que par
tous les moyens, le Christ soit annoncé. Notre désir est d’aller vers toute personne désireuse de vivre l’expérience incommensurable de l’Amour du Christ.
Puissions-nous faire nôtre ce site afin de tirer le maximum de bien-être à travers les richesses de l’Évangile, la joie de la fraternité et le désir de prendre part à nos
activités paroissiales.
Fraternellement, Dieu vous bénisse !
Père Jean Alexis Aguma Asima
texte défilant
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21/06/2026
Un plus grand amour pour Dieu
Dimanche 21 juin 2026
Évangile selon saint Matthieu 10, 26-33
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »
Prière
Ô mon Dieu, je viens me mettre en votre présence aujourd’hui. Je crois que vous êtes mon Créateur, je crois que vous me regardez avec bienveillance. Augmentez en moi la foi. Donnez-moi une foi qui transforme toute ma vie. J’espère aussi en vous, ô mon Dieu, qui nous avez promis une place au paradis. Accordez-moi de ne mettre qu’en vous mon espérance. Je vous aime, ô mon Dieu, et mon seul désir est de vous aimer jusqu’au dernier soupir de ma vie. Envoyez-moi votre Esprit d’amour, qui vous aime et vous serve en moi.
Demande
Ô mon Dieu, faites que je vous aime !
Réflexion
- L’Évangile d’aujourd’hui est un peu particulier. Il mêle les promesses de bonté de Dieu et les menaces de condamnation éternelle. Avec l’assurance de la protection du Père, il nous invite aussi à le craindre ! Laissons-nous aujourd’hui interpeller par la Parole de Dieu, la lisant telle qu’elle est car, en cet instant précis de ma vie, le Seigneur a quelque chose à me dire.
- « Craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. »
Qui est-il, celui qui peut envoyer en enfer après avoir fait mourir ? N’est-ce pas Dieu, le seul Maître de notre jugement ? Faudrait-il alors – selon les paroles du Christ lui-même – craindre Dieu ? Eh bien oui, et c’est une vérité omniprésente dans l’Écriture, si souvent passée sous silence dans notre vie : Dieu peut condamner, Dieu peut me faire périr en enfer. Cet Évangile rapporte même une possible raison pour cela : « Celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. » Voici pourquoi la crainte de Dieu est « le commencement de la sagesse » (Ps 110, 10). Prendre conscience que Dieu est puissant, et qu’il a en main mon destin éternel, c’est commencer à avancer dans la vie chrétienne, dans la sagesse divine. Le premier pas pour abandonner le péché est en effet souvent de se rendre compte que celui-ci me conduit à la mort. - « Soyez sans crainte. »
Mais voici que Jésus semble se contredire, en nous disant de ne pas craindre. D’ailleurs, ceux qui aiment Dieu ne ressentent pas de crainte, et comme dit saint Jean : « Il n’y a pas de crainte dans l’amour » (1 Jn 4, 18). Car si Dieu peut nous condamner, son travail quotidien est bien de nous sauver, et il fait l’impossible pour cela ! Si Dieu ne pouvait pas nous envoyer en enfer, quelle valeur et quel amour y aurait-il à nous conduire au ciel ? C’est justement parce qu’il faut craindre Dieu que l’on peut l’aimer, lui qui a choisi de passer outre nos offenses infinies à sa bonté, et de s’incarner pour nous sauver. Une fois que l’on réalise avec quelle tendresse il s’occupe de nous – bien plus que des moineaux – alors la crainte salutaire laisse progressivement la place à la gratitude et à l’amour, à la crainte d’offenser Dieu, don de l’Esprit Saint qui nous rapproche du Père.
Dialogue avec le Christ
Seigneur Jésus, toi qui connais le Père, qui es un avec le Père, fais-moi voir cette tout puissance de Dieu. Illumine mon intelligence pour comprendre et expérimenter combien Dieu m’aime, et combien mes péchés me mériteraient la mort éternelle. Je sais que tu es venu pour me sauver de cette mort. Je crois que ta vie est l’expression de la bonté du Père envers moi. Donne-moi de vivre en conséquence, avec une immense confiance, une pleine gratitude, en évitant le péché qui l’offense et m’éloigne de lui.
Résolution
Aujourd’hui pendant la célébration de l’Eucharistie, je demanderai au Seigneur de me donner une vraie crainte et un amour plus grand
20/06/2026
Ne vous faites pas de souci pour demain
Samedi 20 juin 2026
Évangile selon saint Matthieu 6, 24-34
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ?
Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas.
Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »
Prière
Seigneur, me voici encore une fois devant toi. Comme tous les matins, je veux te rencontrer en lisant l’Évangile. Et comme tous les matins, je suis distrait par des dizaines de soucis qui me préoccupent. Mais aujourd’hui, contrairement à d’habitude, je ne vais pas faire l’effort de chasser ces distractions. Au contraire, je veux t’en parler, Seigneur. Puisque tu parles de soucis dans l’Évangile d’aujourd’hui, je veux te présenter les miens, un par un.
Demande
Seigneur Jésus, aide-moi à comprendre que mes soucis les plus angoissants sont minuscules par rapport à toi !
Réflexion
- L’Évangile d’aujourd’hui me situe en plein milieu du Sermon sur la montagne, le premier des cinq grands discours du Christ rapportés par saint Matthieu. Ce discours touche successivement de nombreuses questions que tout le monde se pose, consciemment ou non. Le passage d’aujourd’hui aborde la question de la peur. L’expression « se faire du souci » revient six fois sur les lèvres du Christ. Il parle des gens qui se préoccupent de la nourriture et des habits, des gens qui s’inquiètent du futur.
Et moi ? Qu’est-ce qui me préoccupe ? Quelle est l’inquiétude qui me trouble le plus souvent ? Nous avons tous une peur qui émerge régulièrement dans nos pensées. Cela peut être la peur de manquer, la peur de la douleur, la peur de la fatigue. Cela peut être la peur du regard des autres, la peur d’être plus faible que les autres, la peur de la solitude, etc. Laquelle de ces inquiétudes vient se glisser le plus souvent dans ma tête ? Quel est mon « souci pour demain » ? - Le problème de ces peurs, c’est qu’elles sont plus grosses que moi. Si j’essaie de les neutraliser, elles resurgissent au bout d’un moment. Si j’essaie de les stabiliser, elles débordent vite de nouveau. Plus j’accumule de richesses, plus j’aurai peur de manquer. Plus j’évite l’effort, plus j’aurai peur de me fatiguer. Plus je cherche le plaisir, plus j’aurai peur de la douleur. Plus je recherche l’affection, plus j’aurai peur de la solitude…
L’inquiétude est un cercle vicieux. Plus je lui laisse de place, plus elle en exigera. Si je passe mon temps à lutter contre elle, je ne ferai que l’augmenter. Alors, que faire ? Étouffer mes peurs ? Les cacher sous le tapis ? M’y résigner ? Apprendre à vivre avec ? Tout cela, ce sont les stratégies des païens, des « hommes de peu de foi ». Mais le Christ, dans l’Évangile d’aujourd’hui, nous donne une autre solution. - Tout au long de ce passage, on entend une phrase qui se répète : « Ne vous inquiétez pas ! » C’est l’écho d’une autre phrase qui traverse la Bible : « N’aie pas peur ! » C’est ce que Dieu disait aux prophètes qui craignaient pour leur vie (cf. 2 R 1, 15 ; Ez 2, 6). « N’aie pas peur ! » : c’est ce que l’ange Gabriel dit à Marie au moment où il lui annonce le renversement complet de ses projets d’avenir (cf. Lc 1, 30). « N’aie pas peur ! » : c’est ce que l’ange du Seigneur dit à Paul lorsque la tempête et la faim laissent présager à ses compagnons de voyage une mort atroce en pleine mer (cf. Ac 27, 24).
À moi aussi, le Seigneur me dit « N’aie pas peur ! Ne t’inquiète pas ! » Il sait bien que j’ai de sérieux motifs d’avoir peur, car je suis plus faible que ce qui m’inquiète. Mais il y a quelqu’un qui est plus fort que ma peur, c’est lui, c’est le Seigneur. Le pire des cauchemars que je puisse imaginer, il le dissipe d’un revers de main. Le pire scénario qui puisse m’arriver, il peut en tirer un bien infiniment plus grand que le mal que je crains. « N’aie pas peur du regard des autres ! N’aie pas peur de la solitude ! N’aie pas peur de la mort ! N’aie pas peur de la douleur ! N’aie pas peur du souci qui te rend esclave ! » Voilà ce que le Seigneur veut me dire dans l’Évangile d’aujourd’hui. Pour les chrétiens, il n’y a qu’une seule façon de se comporter face à la peur : prendre ce qui m’inquiète et le remettre entre les mains du Christ. C’est lui seul qui peut s’en charger. Lui seul est plus grand que ma peur.
Dialogue avec le Christ
Laissons-nous guider par une prière écrite par le P. Gaston Courtois. Seigneur Jésus, laisse-moi écouter ta voix, toi qui me dis : « Je suis là et je ne t’abandonne pas. Parce que tu te sens faible, tu es fort de ma force, puissant de ma puissance. Ne compte pas sur toi, compte sur moi. Ne compte pas sur ta prière, compte sur ma prière, la seule qui vaille. Unis-toi à elle. Ne compte pas sur ton action, ni sur ton influence. Compte sur mon action et sur mon influence. N’aie pas peur, fais-moi confiance. Soucie-toi de mes soucis. Quand tu es faible, pauvre, dans la nuit, en agonie, sur la croix, offre mon offrande essentielle, incessante, universelle. Unis la prière à ta prière. Prie avec ma prière. Unis ton travail à mes travaux, tes joies à ma joie, tes peines, tes larmes, tes souffrances aux miennes. Unis ta mort à ma mort. »
Résolution
Aujourd’hui, j’identifierai le souci qui me pèse le plus et je le confierai au Seigneur.
19/06/2026
Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur
Vendredi 19 juin 2026
Évangile selon saint Matthieu 6, 19-23
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! »
Prière
Seigneur, ouvre mon cœur à ta Parole et qu’à sa lumière je puisse le regarder avec tes propres yeux.
Demande
Esprit Saint, viens veiller sur mon intériorité que l’Évangile de ce jour m’incite à interroger. Je te demande la grâce de la prière, car celle-ci ne pourra jamais être lumineuse de mes propres forces. Viens la transformer par ta clarté !
Réflexion
- « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. »
Les versets qui sont proposés à notre lecture aujourd’hui s’articulent d’abord sur la notion de trésor. Les trésors sont des valeurs que l’on accumule, que l’on aime à amasser pour les regarder ensuite. Thésauriser, c’est prendre plaisir à amasser. La question qui nous est posée est de savoir ce que nous prenons plaisir à accumuler, ce que nous nous fatiguons à accumuler ?
En bon investisseur, le Christ nous rappelle qu’il vaut mieux s’épuiser à accumuler ce qui en vaut la peine. Les biens matériels ou les valeurs chéries par le monde : connaissances, pouvoirs, etc. ne sont pas des mauvaises choses en soi. C’est en faire un trésor qui pose problème. Parce que ce à quoi nous nous épuisons, c’est ce qui résume le sens que nous donnons à notre vie. Que prenons-nous plaisir à contempler réellement ? Est-ce légitime ? Pourquoi ne pas thésauriser ce qui repose vraiment nos yeux ? - « Si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. »
L’Évangile nous rappelle le lien direct entre notre intériorité et notre relation au monde. De même que notre relation au matériel a une incidence sur notre vie spirituelle, de même ce que nous voyons, même si nous n’en sommes que des témoins passifs, forme notre intériorité. On a beaucoup valorisé les lumières de la connaissance contre l’obscurantisme du censeur. Mais on en surestime parfois nos propres forces. Soyons humbles sur ce que nous sommes capables d’entendre et de voir. Avant de chercher à tout savoir sur le monde, cherchons d’abord à mieux connaître nos propres forces. L’Évangile rappelle cette cohérence à avoir entre ce que nous voulons pour notre âme et ce que nous faisons, ce que nous regardons, ce que nous admirons. L’homme ne peut pas espérer vivre sa foi sans que son mode de vie ne soit touché par ce qu’elle exige. L’amour de Dieu ne se contente pas de nos intentions ou de nos théories, il veut ce que nous sommes, c’est à dire notre corps, notre âme, notre esprit, qui sont tous solidaires les uns des autres. - « (…) la lumière qui est en toi (…) »
C’est avant tout à notre intériorité que Jésus nous appelle ici, en nous expliquant que cette intériorité se vit maintenant : dans notre relation aux biens terrestres, dans tout ce que nous faisons ou ne faisons pas, si petit et si véniel soit-il. Notre nature humaine est la promesse de vivre en nous cette relation de notre âme à Dieu dont chacun porte la possibilité. Il ne nous est pas demandé d’allumer une lumière, mais de la chercher, elle est déjà là. Avec la grâce de Dieu, nous pouvons la maintenir en vivant notre vie à sa clarté. Et comme le dit l’Évangile, c’est à partir de cette lumière que tout se décide, que toute notre vie se transforme. Si nous devons veiller à ce que notre vie extérieure n’obscurcisse pas notre vie intérieure comme le recommande le début de l’Évangile, nous devons surtout et d’abord rechercher cette vie intérieure, parce qu’elle rejaillit sur ce que nous faisons.
Dialogue avec le Christ
Mon Sauveur, nous avons été créés pour cette intériorité lumineuse qui se nourrit d’une vie construite en cohérence avec celle-ci. Envoie sur nous ton Esprit Saint pour nous aider dans ces tensions parfois difficiles entre la conscience et la réalité du monde, entre le matériel et le spirituel. Apprends-nous à invoquer ta grâce pour retrouver cette relation à laquelle nous sommes destinées, car toi seul peux nous la rendre.
Résolution
Je cherche une incohérence dans mon mode de vie et j’essaierai aujourd’hui de l’éliminer de ma journée. Je prie pour une personne qui m’agace ou m’a fait du tort, en me remémorant cette lumière intérieure à laquelle elle est appelée par sa nature.
18/06/2026
Le Notre Père
Jeudi 18 juin 2026
Évangile selon saint Matthieu 6, 7-15
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »
Prière
Que ta grâce, Seigneur, ravive en nous, en notre mémoire et en notre cœur, la vérité des merveilles du don que nous avons reçu. Accorde-nous de nous associer à la prière de Jésus lui-même. C’est lui, ton Fils, l’éternel engendré, qui nous donnera la force de ne pas succomber aux tentations du démon – qui nous feraient oublier que nous avons tout reçu – et qui nous permet de nous unir au Père.
Demande
Seigneur Jésus, en récitant cette prière que tu as enseignée à tes apôtres, accorde-moi la grâce de vouloir vraiment te ressembler tout en gardant l’humilité d’un cœur d’enfant qui sait qu’il reçoit tout de celui qui le protège et le garde au milieu des embûches du quotidien. Je veux te contempler pour recevoir de toi la connaissance de notre Père qui est aux cieux.
Réflexion
Cette prière, enseignée par Jésus lui-même, est une prière d’origine juive dans laquelle le Christ a introduit ce respect envers le Père qu’il veut que nous pratiquions.
- « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens. »
Cette prière est récitée très souvent par le chrétien mais, dès le début, Jésus nous demande de ne pas rabâcher. Réciter machinalement sans penser à ce que l’on demande, c’est demander sans cœur, sans désir de recevoir, c’est demander du bout des lèvres, loin d’une intention du fond du cœur. C’est prier comme les païens qui s’adressent à un Dieu inconnu et sans identité : un Dieu quelconque, difficile à contenter parce que, ne le connaissant pas vraiment, on ne sait pas ce qu’il désire. Les païens pensent que l’abondance des paroles remplacera le vrai désir de la prière de demande ou de louange. C’est un premier point important : il faut être présent à ce que l’on fait et à ce que l’on demande. - « Vous donc, priez ainsi : Notre Père (…) »
Dans sa lettre aux Romains, saint Paul explique que les chrétiens ont reçu un esprit de fils adoptifs qui leur fait s’écrier « Abba ! », « Père ! » « C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » (Rm 8, 16) Et, en nous invitant à prier en disant « notre Père », Jésus nous invite à reconnaître que le « nous » que nous prononçons représente toute l’Église. Cette façon de s’adresser au Père concerne tous les enfants de Dieu, des apôtres jusqu’au dernier des hommes qui viendra en ce monde.
Dans ce Notre Père, tout est dit. Quand il dit « notre », Jésus nous invite à comprendre que nous partageons la paternité divine avec tous les hommes qui cherchent à entrer en relation avec leur Créateur et Père. Par ce « nous », le Seigneur parle de son corps mystique qui est l’Église. C’est d’eux dont parle saint Paul dans sa lettre aux Éphésiens : « (…) nous sommes membres les uns des autres » (Ep 4, 25) et dans sa lettre aux Romains : « nous qui sommes plusieurs, nous sommes un seul corps dans le Christ (…) » (Rm 12, 5) - « Notre Père, qui es aux cieux (…) »
Quand nous disons « Notre Père », de quel droit profitons-nous ? C’est Jésus qui prononce cette prière mais l’emploi du pluriel est significatif de l’union à laquelle nous sommes invités. Nous sommes invités à une sorte d’échange, à l’établissement d’une union entre Dieu et ses créatures. Cette relation établira un échange mutuel appelé à s’approfondir, à se développer, à s’enraciner entre Dieu et ses enfants. Cet échange développera et enracinera la relation filiale entre le ciel et la terre, entre Dieu et ses enfants.
Dialogue avec le Christ
Cette prière est vraiment la prière de tous les membres du Christ qui veulent arriver à établir une famille profondément unie par des liens qui permettront une vie commune dans le respect mutuel et le pardon pour sauvegarder les liens familiaux. Et aujourd’hui nous avons, peut-être, bien davantage besoin de retrouver ces liens familiaux en société, dans notre voisinage, en famille et même parfois au plus intime de nous-mêmes : notre paix intérieure est souvent la proie de questions, de tempêtes intérieures que nous ne calmerons qu’avec le discours et sous la protection de ce Père qui nous tend la main.
Résolution
Que la prière du Notre Père soit source de joie et de remerciement pour tous les bienfaits reçus dans ma vie et en reconnaissance de ceux qui m’ont été prodigués gratuitement.
17/06/2026
Le juste et la volonté de Dieu
Mercredi 17 juin 2026
Évangile selon saint Matthieu 6, 1-6.16-18
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »
Prière
Seigneur, ouvre mon cœur pour te recevoir en ce moment de prière, en ce moment où je me mets devant toi, où je prends conscience que tu es avec moi.
Demande
Seigneur, que ton Esprit Saint m’illumine pour découvrir davantage qui tu es et qui je suis.
Réflexion
- Dans ce premier grand discours sur le Règne de Dieu selon l’Évangile de saint Matthieu, Jésus explique à ses disciples ce qu’est la volonté de Dieu, comme Moïse l’avait fait sur le Sinaï. Jésus, le Royaume de Dieu en personne, nous parle de ce que Dieu attend de nous, de ce que Dieu a pensé pour nous. Le passage de ce discours, que nous écoutons aujourd’hui, dit que nous sommes invités à la relation, non à l’exhibition.
Jésus commence par dire : « Ce que vous faites pour devenir des justes (…) » Devenir une personne juste était un idéal, un but vers lequel s’efforçait de tendre tout membre du peuple d’Israël. C’est une grande qualité qui caractérise par exemple Noé, Abraham, Job, Siméon, Joseph, époux de Marie. Et Jésus est en train de parler à ses disciples, donc à des personnes qui veulent vivre selon la volonté du Seigneur, qui veulent être des justes. - La vie religieuse du peuple d’Israël s’appuie sur la prière, l’aumône et le jeûne. Ils sont devenus des préceptes, que tout juste accomplissait. L’un des dangers est de vouloir être déclaré « juste » par les autres, et d’agir pour être jugé comme tel. C’est l’exhibition. L’attention se porte sur soi et sur ceux qui me voient. Mais sans aucune relation personnelle. Les autres sont traités comme des moyens pour que j’arrive à ce que je désire. C’est se replier sur soi. C’est un chemin de mort.
Le Seigneur nous invite au contraire à un chemin de vie, à la relation. Devenir un juste, c’est vivre conscient de qui je suis et de qui est le Seigneur, et agir en fonction de cette vérité fondamentale. Ceci me permet de vivre la relation à mon prochain parce qu’alors je le verrai plus conforme à ce qu’il est : fils de Dieu. Ceci me découvre sa dignité et qu’il est mon frère.
C’est pour cela que Jésus invite à ce que notre aumône soit faite sous le regard du Père et non des autres. De même pour le jeûne, de même pour la prière. Chacun de ces gestes est un élan vers Dieu, comme le chante le psaume 62 : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube. » (Ps 62, 2) C’est notre désir de Dieu traduit en actes. - La volonté de Dieu, c’est que nous vivions en relation avec lui et les uns avec les autres. Nous sommes faits pour la communion parce que sa volonté première pour nous, c’est que nous soyons aimés. Cela se dit rapidement, mais prenons le temps de nous y arrêter : ce que Dieu, le Seigneur tout-puissant, Créateur et Maître de l’univers visible et invisible, veut, c’est que moi je sois aimé. Et il fait tout pour cela. Comme le prie le psaume d’aujourd’hui : « Aimez le Seigneur, vous, ses fidèles : le Seigneur veille sur les siens. » (Ps 30, 24)
Dialogue avec le Christ
Jésus, toi qui es venu me révéler le visage de Dieu, apprends-moi à vivre cette relation de fils du Père, fais-moi découvrir comme je suis aimé du Père.
Résolution
M’arrêter sur cette vérité : ce que Dieu, le Seigneur tout-puissant, Créateur et Maître de l’univers visible et invisible, veut, c’est que moi je sois aimé. Et il fait tout pour cela.
16/06/2026
« Aimez vos ennemis »
Mardi 16 juin 2026
Évangile selon saint Matthieu 5, 43-48
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »
Prière
Je crois en toi, mon Dieu, je crois que tu es présent ici, avec moi. Je me mets en ta présence, toi qui as tout créé, qui m’as créé, qui remplis tout. Augmente ma foi en toi. J’espère en toi, mon Dieu. J’espère en ta parole, en tes promesses. J’espère en la vie éternelle, cette vie qui est le but de ma vie sur terre. Augmente mon espérance, donne-moi de vivre les yeux fixés sur toi. Je t’aime, ô mon Dieu, mais affermis mon amour si faible et inconstant. Mets en moi ton amour qui pénètre tout et consume tout.
Demande
Seigneur, révèle-moi mon être de fils du Père !
Réflexion
- Cet Évangile fait partie du sermon sur la montagne : après les béatitudes, Jésus enseigne à ses disciples une nouvelle façon de vivre, de voir la vie et les relations avec Dieu. Cette nouveauté, il l’exprime ainsi : « Vous avez appris (…) Eh bien ! moi je vous dis (…) » Quelle nouveauté de la vie chrétienne veut-il nous transmettre aujourd’hui ? Elle est apparemment simple, et aussi extrêmement difficile : rien de moins que d’aimer ses ennemis, de prier pour ceux qui nous persécutent. Pour incarner un peu cet enseignement, pensons à une – ou plusieurs – personnes qui nous ont profondément blessés, ou bien qui cherchent actuellement à faire du mal à ceux que nous aimons… Les aimons-nous et prions-nous pour eux ?
Comme si ce n’était pas suffisant, Jésus termine par cette exhortation qui met – s’il en était besoin – la barre encore davantage hors de portée : « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Que faire devant une exigence apparemment impossible, si ce n’est de crier vers le Père et lui confesser notre misère, notre impuissance à pardonner, à aimer, à être parfaits ! - Finalement, le message du Christ est cependant différent. Son but n’est pas de nous fixer des exigences nouvelles, plus difficiles que celles de la loi juive, afin que nous, chrétiens, brillions par notre perfection. Il dit en effet : « (…) afin d’être vraiment les fils de votre Père ». Ce « vraiment » est important. Les Juifs étaient déjà considérés fils de Dieu, mais Jésus leur dit qu’ils ne le sont pas vraiment, qu’il leur manque quelque chose. Non pas pour atteindre un niveau supérieur, mais pour être pleinement ce qu’ils sont déjà : des fils. En fin de compte, retrouver cette humanité, cette nature authentique de créatures, cette relation originelle qu’avait l’homme avant le péché.
Cet aspect est décisif pour comprendre et vivre la vraie nouveauté du christianisme. La vie nouvelle que nous offre le Christ n’est pas un ajout, une amélioration de notre vie humaine naturelle : c’est la régénération de notre nature déchue et mortelle, le redressement de nos tendances déviées, la plénitude de notre bonheur amputé par le péché. Le Christ ne nous propose pas de nouveaux préceptes, il nous enseigne à être ce que nous sommes au plus profond de nous-mêmes, et que le péché a détruit en nous. Il nous ramène, par sa mort et sa Résurrection, puis par les sacrements, à une vie authentiquement humaine, pour laquelle Dieu nous avait créés ! - On comprend alors comment il convient de relire cet Évangile. Non pas comme une nouvelle exigence ajoutée à la précédente, qui ne commandait que d’aimer son prochain, mais comme une description de ce pourquoi nous avons été créés, de notre nature authentique et vraie. Voilà le sens des béatitudes, et de cette phrase : « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »
En croyant au Christ, en se laissant transformer par sa grâce, nous deviendrons effectivement parfaits, à l’image et à la ressemblance de Dieu, comme nous avions été créés ! L’amour des ennemis, comme tous les enseignements du sermon sur la montagne, n’est donc pas principalement un précepte, mais une révélation de ce que nous sommes au plus profond de nous : des fils de Dieu faits pour aimer infiniment.
Dialogue avec le Christ
Seigneur, ouvre mes yeux et mon cœur pour comprendre et désirer cette nouvelle vie que tu me proposes. Je crois que tu nous as faits pour toi, que tu nous révèles à nous-mêmes. Donne-moi ta grâce qui me transforme, qui me guérisse, répare mon humanité détruite par le péché. Que ta Résurrection me régénère, me rende vraiment fils du Père, me fasse aimer comme toi tu m’as aimé.
Résolution
Regarder les enseignements du Christ et de son Église comme le chemin pour devenir authentiquement humain, pour renaître au bonheur.