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Un site pour avancer ensemble
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Bienvenue sur ce site internet où la paroisse saint Pierre saint Paul de la Vallée de l’Aisne vous accueille à cœur et à bras ouverts.
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Vous y trouverez des laïcs très engagés pour la mission, disposés à partager leur expérience de l’Amour de Dieu pour les Hommes, à vous écouter et à vous accompagner sur ce chemin de la foi.
Ce site se veut aussi être le prolongement de notre mission grâce à nos activités pastorales, afin que par tous les moyens, le Christ soit annoncé.
Notre désir est d’aller vers toute personne désireuse de vivre l’expérience incommensurable de l’Amour du Christ.
Puissions-nous faire nôtre ce site afin de tirer le maximum de bien-être à travers les richesses de l’Évangile, la joie de la fraternité et le désir de prendre part à nos activités paroissiales.
Fraternellement,
Dieu vous bénisse !
Père Jean Alexis Aguma Asima
texte défilant
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15/03/2026
Confiance au cœur des ténèbres
Dimanche 15 mars 2026
Évangile selon saint Jean 9, 1-41
En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.
Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. » Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : ‘Va à Siloé et lave-toi.’ J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. » Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. » On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. »
Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? » Les parents répondirent : « Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle. Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. »
Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ. Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! » Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. » Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. »
L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors. Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! »
Et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’, votre péché demeure. »
Prière
« Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » (Is 49, 6) Oui, Seigneur, tu es « la lumière du monde » (Jn 8, 12), « ma lumière et mon salut » (Ps 26, 1).
Demande
Seigneur, donne à ceux que j’aime et qui m’entourent de te reconnaître. Donne-nous de vivre unis et de mourir dans la foi en toi, Christ, Fils du Dieu vivant !
Réflexion
- Jésus se fait connaître à la fois comme créateur, celui qui me façonne dans le sein de ma mère (cf. Jr 1, 5), « qui a créé mes reins, qui m’a tissé dans le sein de ma mère » (Ps 138, 13-14). Et comme rédempteur, celui qui sauve en nous plongeant dans l’eau du baptême représentée par la piscine de Siloé.
Ainsi déclare saint Irénée : « Ainsi donc, puisque nous sommes modelés dans le sein maternel par le Verbe, ce même verbe remodela les yeux de l’aveugle-né : il fit ainsi apparaître au grand jour celui qui nous modèle dans le secret. » (Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, livre V).
Jésus, tu es mon Créateur et mon Sauveur ! - Le mendiant se tient seul contre tous. Même ses parents se mettent en retrait et ne le soutiennent pas : « Il est assez grand pour s’expliquer. » L’aveugle qui a recouvré la vue est un modèle de simplicité, de franchise et de courage. Il argumente, sans peur, avec intelligence et sagesse, affirmant : « Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire », maniant même l’humour : « Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? »
Sa rencontre avec Jésus a ouvert ses yeux et l’a rempli de l’Esprit. Les paroles de Jésus rapportées en saint Matthieu se réalisent : « Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. » (Mt 10, 19-20) - « C’est bien moi » dit l’homme devant ceux qui discutent, hésitant à le reconnaître. Que de force morale dans cette réponse ! Cette simple affirmation « C’est bien moi » est, mot pour mot, identique à celle de Jésus arrêté à Gethsémani (cf. Jn 18, 5). L’homme guéri est prêt à se retrouver comme Jésus soumis à un interrogatoire hostile.
De même, c’est aussi mot pour mot l’affirmation de Jésus ressuscité à ses disciples. « « Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! » (Lc 24, 39). Il y a un homme nouveau dans cet ancien aveugle, un homme dans lequel se trouve la promesse de la résurrection et de la vie éternelle.
Dialogue avec le Christ
Les apôtres voudraient comprendre la cause du mal qui touche cet aveugle de naissance. Jésus répond succinctement. Car, plus que de donner de grandes explications, c’est ton désir, Seigneur, de glorifier ton Père en travaillant à ses œuvres, qui te presse. Ton désir de consoler et de sauver les hommes t’encourage à agir sans délai. Et sans même que l’aveugle exprime une quelconque demande, Jésus, te voici à l’œuvre : « Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle. »
Donne-moi, Seigneur, une immense confiance en ta présence active et miséricordieuse dans ma vie ! Garde en moi cette confiance lorsque je suis dans les ténèbres.
Résolution
J’accomplis aujourd’hui le bien que je peux faire, sans délai.
14/03/2026
La prière du pharisien et du publicain
Samedi 14 mars 2026
Évangile selon saint Luc 18, 9-14
En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.”
Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !” Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »
Prière
« Venez, retournons vers le Seigneur ! Efforçons-nous de connaître le Seigneur : son lever est aussi sûr que l’aurore ; il nous viendra comme la pluie, l’ondée qui arrose la terre. Je veux la fidélité, non le sacrifice, la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. » (Os 6, 1-6)
Demande
Donne-moi, Seigneur, de goûter à ta présence. Viens comme l’ondée arroser la terre assoiffée de mon âme et fais que je te connaisse et t’aime chaque jour davantage.
Réflexion
- « Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes . »
Le problème de ce pharisien n’est pas tant ses œuvres – le jeûne et le denier du culte – qui en elles-mêmes sont bonnes et pourraient certainement plaire à Dieu, mais son cœur. Il commence sa prière en se comparant aux autres et se mettant sur un piédestal. Sa « prière » peut nous sembler ridicule et on pourrait penser que le Christ, utilisant une parabole, caricature la situation. Cependant, l’évangéliste nous rappelle que, connaissant le cœur de l’homme, Jésus parle « à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres ».
L’Évangile d’aujourd’hui nous invite à faire un examen de conscience sur notre propre prière. Nous prenons le temps de lire les méditations du jour régulièrement, de nous arrêter un moment pour nous mettre en présence de Dieu, et c’est une bonne chose. Mais ne courrons-nous pas nous aussi le risque de penser que nous ne sommes « pas comme tous les autres hommes » ? Comment savoir si notre prière est agréable à Dieu ? - « Ils sont voleurs, injustes, adultères. »
Quelle « prière » ! Le regard du pharisien n’est pas tourné vers Dieu, mais sur lui-même. De la dureté de son cœur ne sortent que jugements et calomnies. Il met tout le monde dans le même panier et se fait juge de ses frères. Loin de le conduire à aimer et se convertir, sa « prière » est un moment pour passer en revue tous ceux qui l’entourent. Tentation qui nous guette aussi. Cela n’est pas prier.
Prier, c’est se mettre en présence de Dieu, lui présenter notre vie, nos bonnes et moins bonnes actions et lui demander de changer notre cœur de pierre en cœur de chair. C’est ce qu’a fait le Roi David, dont nous lisons aujourd’hui le psaume 51 qui lui est attribué. Repenti de son péché d’adultère et du meurtre du mari de la femme qu’il avait convoitée, il implore le pardon. Dieu entend sa prière et ne rejette pas un cœur contrit et assoiffé de repentir. La vraie prière conduit à la conversion du cœur. - La prière du publicain
La prière sincère nous amène à nous reconnaître tels que nous sommes face à Dieu : ses enfants aimés, même s’ils ne sont pas toujours à la hauteur de cet amour. L’humilité, disait sainte Thérèse d’Avila, est dans la vérité. Le publicain reconnaît que sans Dieu il ne serait rien. Il confesse ses fautes et sa faiblesse. Il ne cherche pas à s’excuser. Il ne cherche pas de coupables. Il implore simplement sa conversion. Trop souvent nous demandons à Dieu de changer les autres et les situations qui nous pèsent au lieu de le supplier de changer nos cœurs pour grandir dans la vertu et contrôler nos réactions !
Quel contraste entre les paroles du pharisien et le Magnificat de la Vierge Marie, que nous pourrions prier à nouveau aujourd’hui ! Cependant, lisant ces mots de Marie, nous pourrions nous étonner d’une apparente présomption : « Le Puissant fit pour moi des merveilles (…) désormais toutes les nations me diront bienheureuse. » Mais notons bien que cette prière est entrecoupée de références à la grandeur de l’intervention divine dans sa vie : « Exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! … Saint est son nom ! » La Vierge Marie ne s’attribue en aucun cas les mérites de l’œuvre de Dieu en elle, mais elle n’en ignore pas non plus la grandeur sous prétexte d’une fausse humilité.
Un pas de plus dans la conversion du cœur, c’est apprendre à nous réjouir avec Dieu des merveilles qu’il accomplit dans notre vie. Cela lui est agréable tant que notre regard est fixé sur lui, que nous reconnaissons qu’il est l’auteur de tout bien et que nous ne faisons que coopérer avec sa grâce.
Dialogue avec le Christ
Je cherche ton visage, Seigneur. Je veux te connaître davantage. Lorsque mon cœur est loin de toi, perdu dans l’égoïsme, les jugements ou la vanité, viens à ma rencontre, pour me guérir et me ramener à toi. Que ma prière aujourd’hui soit preuve de mon désir sincère de conversion. Donne-moi, je t’en supplie, les grâces dont j’ai le plus besoin.
Résolution
Prier lentement le psaume du jour (dans la lecture du jour ou dans son intégralité) ou le Magnificat.
13/03/2026
Ton appel à la sainteté
Vendredi 13 mars 2026
Évangile selon saint Marc 12, 28b-34
En ce temps-là, un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.
Prière
Seigneur Jésus, nous te louons pour ta confiance en nous et pour ton appel à la sainteté pour chacun et chacune d’entre nous.
Demande
Dieu le Père, comme au temps d’Osée cité dans la Première lecture aujourd’hui, nous osons te demander d’effacer toutes nos fautes et d’accepter ce qui est bon en nous. Guide-nous vers la conversion de notre cœur, vers ton amour, vers celui de ton Fils Jésus et de l’Esprit Saint. Donne-nous un cœur juste et compatissant envers nos frères et nos sœurs.
Réflexion
- « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. »
Jésus rappelle au scribe l’enseignement de Moïse (cf. Dt 6, 4). Le peuple juif, à plusieurs reprises, s’est tourné vers des idoles. À travers le prophète Osée, plus de 700 ans avant la venue de Jésus dans un temps où la politique était séculière et l’infidélité religieuse répandue, Dieu reprenait Israël en ces mots : « Peux-tu me confondre avec les idoles ? » (Os 14, 9) Ce premier commandement exige de mettre Dieu avant tout ce que nous avons fabriqué de nos mains et devant la force et les alliances militaires (cf. Os 14, 4). Pourquoi ? Osée le résume ainsi : « (…) de toi seul l’orphelin reçoit de la tendresse » (Os 14, 4). L’insistance de Jésus sur ce point est de tout temps.
Dans notre monde, combien mettent leur confiance dans la technologie (œuvre de nos mains), dans les alliances et la force militaires ! Résistons à cette tendance, car Dieu seul sauve lorsque nous « crions sous l’oppression » (Ps 80, 8), lui seul donne le bon « fruit » (Os 14, 9). - « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. »
Reconnaître Dieu, proclamer qu’il existe dans notre société séculière est un début. Résister à la tentation de se construire des sécurités basées sur notre connaissance technologique et sur notre association à ceux qui sont au pouvoir est une décision sage. Rejeter la violence et l’injustice au nom de notre fidélité aux enseignements de Dieu est bien.
Mais, comme Dieu à Moïse, Jésus nous appelle à aimer Dieu de tout notre être. Avec notre cœur, en passant du temps avec lui, en le remerciant pour tous ses dons, la création, notre existence, notre salut éternel ; avec notre âme en communiant à sa présence dans l’Eucharistie, en désirant notre union avec lui pour toujours ; avec notre esprit, en étudiant sa Parole, ses enseignements et la vie de Jésus et des saints ; avec notre force, en tenant bon lorsque les épreuves sèment le doute dans notre cœur et notre esprit. Jésus nous accompagne dans notre voyage terrestre et Dieu nous aime « d’un amour gratuit » (Os 14, 5). - « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Dans Le Lévitique cité ici par Jésus (cf. Lv 20, 18), nous retrouvons les prescriptions morales données par Moïse et résumées dans le second commandement de Jésus. Les juifs en connaissent la teneur : respecter son corps et celui des autres, pratiquer la justice envers le pauvre et l’étranger autant qu’envers le grand, se garder du vol, de la fraude, de l’exploitation de l’autre, de la diffamation, de la haine et de la vengeance. C’est un message pour chaque peuple et pour chaque siècle ainsi que pour toute personne dans sa famille et dans sa communauté de vie.
C’est ainsi que l’orphelin trouvera la tendresse, l’étranger, l’accueil, le vieillard, l’honneur, la femme et l’enfant, le respect et la dignité, et l’ouvrier, le salaire juste. Voilà ce qui était déjà requis des juifs. À cela, Jésus ajoute le commandement d’aimer son prochain à son exemple : en donnant sa vie, en l’instruisant, le guérissant, en lui confiant la mission de proclamer le Royaume de Dieu, en l’appelant à la sainteté. Plus encore, en pleurant avec ceux qui pleurent, en demeurant fidèle dans le mariage, en acceptant la persécution en son nom. L’amour de Dieu n’a pas de limite ; il est gratuit et offre la vie à chacun de nous. Jésus nous en montre le chemin.
Dialogue avec le Christ
Jésus, tu nous appelles à toujours progresser sur le chemin de la sainteté. Quel que soit notre âge, nous avons tant à apprendre sur l’amour de notre prochain. Pardonne-nous, Seigneur, pour notre cœur négligeant et distant envers ceux qui traversent des épreuves. Aide-nous à nous dépasser pour leur apporter ton réconfort.
Résolution
J’examinerai mes choix récents pour purifier mes intentions et mon regard sur les autres.
12/03/2026
Savoir reconnaître l’œuvre de Dieu
Jeudi 12 mars 2026
Évangile selon saint Luc 11, 14-23
En ce temps-là, Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et les foules furent dans l’admiration. Mais certains d’entre eux dirent : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. » D’autres, pour le mettre à l’épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons.
Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges. En revanche, si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous. Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité. Mais si un plus fort survient et triomphe de lui, il lui enlève son armement, auquel il se fiait, et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé. Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. »
Prière
Seigneur Jésus, nous venons à toi avec nos questions et nos résistances. Donne-nous un regard ajusté sur ton action et un cœur disponible pour reconnaître la venue de ton Royaume.
Demande
Seigneur, apprends-moi à discerner ton œuvre là où elle se manifeste et à ne pas la déformer par peur ou par refus de m’engager.
Réflexion
- L’Évangile commence par une situation qu’il est important de resituer dans son contexte. Un homme est muet, et cette infirmité est attribuée à la présence d’un démon. À l’époque de Jésus, on ne disposait ni des connaissances médicales ni des catégories scientifiques actuelles. Les maladies inexpliquées, les troubles du langage ou du comportement étaient souvent interprétés comme le signe d’une emprise spirituelle. Le mal était pensé comme une force qui s’impose à l’homme de l’extérieur. C’est dans ce cadre que les guérisons opérées par Jésus prennent fréquemment la forme d’exorcismes : libérer l’homme, c’est le délivrer de ce qui l’empêche de vivre, de parler, d’entrer en relation.
Le geste de Jésus provoque aussitôt des réactions contrastées. Les foules sont dans l’admiration, mais d’autres refusent d’y reconnaître l’action de Dieu. Certains expliquent le miracle en affirmant que Jésus agit « par Béelzéboul, le chef des démons », d’autres réclament encore un signe venant du ciel. Autrement dit, le signe est bien là, visible et efficace, mais il ne suffit pas. Une part de l’auditoire déplace la question pour éviter d’avoir à reconnaître ce que ce geste implique : Dieu est à l’œuvre d’une manière nouvelle et dérangeante. - Le nom de Béelzéboul n’est pas anodin. Il renvoie à une figure connue de l’Ancien Testament. À l’origine, Baal-Zeboub est une divinité philistine honorée à Éqrôn, que le roi Ochozias consulte au lieu de s’adresser au Seigneur (cf. 2 R 1,2-3). Dans la tradition biblique, ce nom devient progressivement une manière de désigner une puissance ennemie de Dieu, associée au mensonge et à la mort. En accusant Jésus d’agir par Béelzéboul, ses adversaires ne se contentent donc pas de rester dans l’hésitation ou l’incompréhension : ils affirment que l’action de Jésus vient du camp opposé à Dieu. Autrement dit, ils commettent une erreur de discernement. Ils interprètent comme diabolique une œuvre qui délivre un homme de ce qui l’enfermait et lui permet de retrouver la parole.
Jésus répond en faisant appel à une logique simple et implacable. Un royaume divisé contre lui-même court à sa perte. Si Satan combat Satan, son pouvoir s’effondre. Mais Jésus met aussi en lumière une incohérence plus profonde. Ceux qui l’accusent reconnaissent pourtant que leurs propres disciples pratiquent des expulsions de démons. Pourquoi ces gestes seraient-ils recevables, et ceux de Jésus suspects ? Cette double mesure révèle que le véritable problème n’est pas l’acte en lui-même, mais l’autorité de Jésus. Ils ne reconnaissent pas qui est véritablement Jésus, mais le confondent avec le prince des démons. - C’est alors que Jésus prononce une parole décisive : « Si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous. » L’expression « le doigt de Dieu » renvoie explicitement au livre de l’Exode. Lors de la troisième plaie, les magiciens de Pharaon tentent d’imiter ce que Moïse accomplit au nom du Seigneur, mais ils en sont incapables. Ils doivent alors reconnaître devant Pharaon : « C’est le doigt de Dieu » (Ex 8, 15). Par cette parole, ils admettent que Dieu agit réellement à travers Moïse et que ce qui se produit ne relève ni de la magie ni d’un pouvoir humain concurrent. En reprenant cette expression, Jésus affirme que, de la même manière, Dieu agit à travers lui : l’expulsion des démons manifeste l’intervention directe de Dieu, engagée dans une œuvre de libération, comme autrefois lors de la sortie d’Égypte.
L’image de l’homme fort et du plus fort prolonge cette affirmation. Le mal n’est pas nié : il est présenté comme organisé, armé, installé. Mais Jésus se désigne implicitement comme celui qui est « plus fort », capable de désarmer l’adversaire et de lui reprendre ce qu’il s’était approprié. Les guérisons et les exorcismes apparaissent alors comme les signes visibles d’un combat plus large : le Royaume de Dieu est en train de s’imposer face aux puissances qui asservissent l’homme. - La conclusion de Jésus ne laisse aucune place à l’indifférence : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. » Il ne s’agit pas d’un appel à la violence ni d’une invitation à exclure, mais d’un appel au discernement. Jésus met en lumière le fait que, face à la venue du Royaume, toute attitude apparemment neutre est en réalité déjà un choix. Ne pas se situer clairement par rapport à lui revient à laisser le mal régner. Refuser de reconnaître l’action de Dieu, ou la relativiser, c’est empêcher la venue du Royaume.
L’Évangile s’achève ainsi sur une invitation exigeante. Le Royaume est « venu jusqu’à vous ». Jésus a engagé le combat contre les ennemis de ce Royaume et a déjà remporté la victoire décisive sur eux. Mais cette victoire appelle une collaboration : être avec lui, choisir de rassembler, laisser son œuvre de libération se prolonger dans nos vies.
Dialogue avec le Christ
Seigneur Jésus, toi « le plus fort » qui es entré dans mon histoire pour libérer l’homme, apprends-moi à reconnaître ton action sans la détourner. Donne-moi le courage de me situer clairement avec toi.
Résolution
Aujourd’hui, je choisis de collaborer à l’œuvre du Royaume en refusant les ambiguïtés et en cherchant, par mes paroles et mes actes, à rassembler avec le Christ.
11/03/2026
Le vrai progrès
Mercredi 11 mars 2026
Évangile selon saint Matthieu 5, 17-19
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »
Prière
Aujourd’hui, Seigneur, je m’arrête sur ces trois versets du début de ton discours sur la montagne pour mieux écouter ton message. À la fin de ton enseignement, tu m’as dit : « Celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. » (Mt 7, 24) C’est ce que je veux, Seigneur. Guide-moi.
Demande
Transforme-moi, Seigneur !
Réflexion
- « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. »
Après avoir énuméré les promesses des Béatitudes, tu commences le reste de ton discours en avertissant qu’il y aura un certain changement… Tu dis que tu n’es pas venu abolir mais accomplir. Cela suppose que nous pouvons penser que tu es venu abolir. Cela suppose que nous pouvons penser que les dix commandements sont vieux jeu : que nous pouvons éliminer le non né ou le vieillard (cf. Mt 5, 21), avoir un amant (cf. Mt 5, 27), prendre à la légère nos promesses faites au Seigneur (cf. Mt 5, 33), nous venger doublement (cf. Mt 5, 38), détester un proche parent (cf. Mt 5, 43), etc.
Cela suppose que nous pouvons penser que les prophètes exagèrent lorsqu’ils disent qu’il n’y a que le Seigneur qui puisse effacer nos fautes (cf. Jr 2, 22), quand ils disent qu’il existe des fausses doctrines (cf. Jr 23, 16), quand ils disent « malheur aux riches ! » (cf. Am 6, 1-7). Mais tu nous dis qu’il n’en est pas ainsi (cf. Mt 5, 18). Et pourtant, il y a certaines pratiques de l’Ancien Testament qui ont été abolies par ta venue. Que devons-nous comprendre, Seigneur ? Enseigne-nous le sens du vrai progrès[1]. - « (…) pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. »
Affirmation solennelle : ta parole demeurera « jusqu’à ce que tout se réalise ». Donc, pour qu’il y ait du progrès, selon tes paroles, il faut du permanent et de l’innovation. Innovation ? L’autre tentation, Seigneur, qui surgit dans mon cœur, c’est de penser comme l’Ecclésiaste : « Ce qui a existé, c’est cela qui existera ; ce qui s’est fait, c’est cela qui se fera ; rien de nouveau sous le soleil. Y a-t-il une seule chose dont on dise : Voilà enfin du nouveau ! – Non, cela existait déjà dans les siècles passés. » (Qo 1, 9-10)
Certes, il existe des innovations techniques, artistiques, économiques… mais quand on regarde le cœur de « l’homme », y trouve-t-on du nouveau, Seigneur ? Mon cœur progressera-t-il un jour ? Réussirai-je un jour à vivre les béatitudes (cf. Mt 5, 3-12), à être le sel de la terre et la lumière du monde (cf. Mt 5, 13-16), à ne pas chercher de récompense (cf. Mt 6, 5), à ne pas me faire de souci pour demain (cf. Mt 6, 34), etc. ? Existe-t-il quelqu’un qui ait vécu tout cela ? - « Celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »
Eh bien, s’il existe quelqu’un qui ait vécu ton discours sur la montagne, il aura déjà été déclaré le plus grand dans le royaume des cieux. En effet : Marie de Nazareth, toujours la même et toujours nouvelle. En Dieu, source de sécurité et de progrès. En toi, source de permanence et d’innovation. Elle nous donne le secret de la stabilité et le secret de la nouveauté : Jésus-Christ. Elle « gardait dans son cœur tous [les] événements » (Lc 2, 51) et collaborait avec toi pour transformer l’eau en vin (cf. Jn 2, 1-12). Voilà le secret : en toi, Jésus, nous trouvons le roc. En toi, nous trouvons l’Esprit qui est entièrement libre d’aller où il veut (cf. Jn 3, 8).
[1] Il est intéressant de se donner une idée de la transformation du sens du mot « progrès » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Progr%C3%A8s.
Dialogue avec le Christ
Jésus, apprends-moi à garder toutes tes paroles dans mon cœur comme Marie. Apprends-moi à vivre mon quotidien en collaboration avec toi, comme Marie. Apprends-moi à progresser vers toi comme elle.
Résolution
Aujourd’hui, je laisserai tomber ce qui m’empêche de progresser.
10/03/2026
« C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera »
Mardi 10 mars 2026
Évangile selon saint Matthieu 18, 21-35
En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »
Prière
« Et dites-vous bien que la longue patience de notre Seigneur, c’est votre salut. » (2 Pi 3, 15) Merci, Seigneur, pour ta « longue patience » envers nous, ta patience qui ne se lasse pas d’attendre que nous nous tournions vers toi !
Demande
Donne-nous, Seigneur, un cœur qui ne garde ni rancune ni colère. Donne-nous un cœur compatissant et généreux qui soit prêt à pardonner.
Réflexion
- « On lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est à dire soixante millions de pièces d’argent). »
Sachant que le salaire journalier d’un ouvrier agricole est d’une pièce d’argent, appelée aussi denier, il faudrait que le serviteur donne tout ce qu’il gagne pendant 165 mille ans pour arriver à rembourser son maître ! La dette de ce serviteur est inouïe ! Elle est le symbole de notre péché. Cette dette nous permet de réaliser que l’offense faite à la sainteté de Dieu par nos péchés est sans mesure. Elle illustre l’immensité de la faute de l’homme et du mal qui en découle.
Et pourtant, Jésus, sur la croix, a payé notre dette, toute notre dette… « Si j’avais commis tous les crimes possibles, j’aurai toujours la même confiance. Je sens que toute cette multitude d’offenses serait comme une goutte d’eau dans un brasier ardent. » dit sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. - Le serviteur doit une somme considérablement élevée et elle lui est entièrement remise
Cet homme prend-il le temps d’entrer en lui-même pour réfléchir à ce qui vient de lui arriver ? Prend-il le temps de méditer sur l’ampleur de sa dette ? Sur l’attitude de son maître ? Réalise-t-il la bonté et la compassion qui émanent du cœur du maître ? S’ouvre-t-il à la gratitude et à l’action de grâce ? Non… Il semble être comme ces neuf lépreux (cf. Lc 17, 11-19) qui, à peine guéris, oublient Jésus et ne reviennent en arrière ni pour un mot de remerciements, ni pour un chant de louange ? De notre côté, prenons le temps de méditer sur la pitié du maître à l’égard de notre dette.
Et parfois, n’avons-nous pas la tentation d’inverser les rôles, de penser que Dieu est notre débiteur, qu’il nous doit ceci ou cela. Non, Dieu ne nous doit rien. Et pourtant, il nous donne tout ! - Le maître n’a pas gardé sa colère contre le premier serviteur. Il n’a pas conservé d’amertume envers cet homme, malgré sa dette. Nous devons essayer de ne garder ni colère ni amertume contre qui que ce soit.
Pardonner, désirer pardonner, même si l’autre n’a pas l’air d’être repentant comme est pardonné ce serviteur qui n’a pas l’air d’avoir de repentir. Pardonner même si aucune excuse n’est formulée comme le maître pardonne à ce serviteur qui ne formule aucune excuse.
Pardonner même si l’autre semble de mauvaise foi comme le maître pardonne à ce serviteur qui est de mauvaise foi en annonçant qu’il remboursera ce qu’il est impossible de rembourser.
Chassons colère et amertume et essayons de pardonner
– non parce que l’autre s’est excusé comme nous le souhaitions,
– non parce que l’autre exprime des regrets comme il convient,
– non parce qu’il a réparé comme nous le voulions,
mais parce que nous-mêmes avons été pardonné au-delà de ce qui peut se concevoir !
Dialogue avec le Christ
Seigneur, tu nous enseignes le pardon par une parabole ; tu en fais une des sept demandes du Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé » ; tu nous en donnes un témoignage ultime par ta parole sur la croix : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Lc 23, 34)
Tu nous enseignes à ne pas compter les pardons que nous donnons. Aide-nous dans chaque étape ; de la première étape : désirer pardonner, jusqu’à la dernière : pardonner du fond du cœur. Donne-nous ta grâce car, sans toi, nous ne pouvons rien faire.
Résolution
Je chercherai dans mon cœur si j’ai de la colère ou de l’amertume contre quelqu’un. Puis je demanderai au Seigneur la grâce de transformer amertume et colère en douceur et patience.